En Zambie, la maintenance de grandes fonderies fait craindre des tensions sur le cuivre
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Mine de cuivre Mopani en Zambie.
Photo DR
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Mine de cuivre Mopani en Zambie.
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La Zambie s’apprête à voir deux de ses principales fonderies de cuivre interrompre leurs activités pour des opérations de maintenance plus longues que d’habitude. Les sites de Mopani et de Chambishi seront concernés par ces arrêts prolongés.
Mopani prévoit une première interruption de trois jours en juin, suivie d’un arrêt plus important de 40 à 45 jours entre août et mi-septembre. De son côté, Chambishi devrait suspendre ses activités pendant environ deux mois autour du mois d’août. Habituellement, ce type de maintenance annuelle ne dépasse pas une trentaine de jours.
Ces installations jouent un rôle clé dans l’industrie minière. Elles transforment le concentré de cuivre en métal raffiné, mais produisent également de l’acide sulfurique, un sous-produit essentiel pour l’extraction du cuivre et du cobalt par lixiviation. Sans cet intrant, une partie du minerai ne peut pas être traitée.
La Zambie produit environ deux millions de tonnes d’acide sulfurique par an. Une part importante est consommée localement, mais le reste est exporté vers la République démocratique du Congo (RDC) voisine, dont les mines en dépendent fortement. Cette organisation crée une interdépendance directe entre les deux pays.
Or, les marges de manœuvre semblent aujourd’hui limitées. Les stocks disponibles en Zambie sont déjà jugés insuffisants pour soutenir des exportations significatives, ont confié des responsables du producteur canadien First Quantum Minerals à Reuters. Dans le même temps, la guerre en Iran perturbe l’approvisionnement mondial en produits chimiques utilisés dans l’extraction minière.
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Sur le terrain, certaines compagnies minières en RDC commencent à ajuster leur consommation d’acide sulfurique, voire à envisager un ralentissement de leur production. Une évolution qui pourrait, à terme, peser sur les volumes de cuivre et de cobalt issus de la région.
Les arrêts prolongés annoncés s’expliquent en partie par des contraintes internes. Mopani nécessite des travaux plus lourds après une longue période sans maintenance suffisante. L’installation fonctionne déjà en deçà de sa capacité nominale, estimée à 225 000 tonnes par an, faute de concentré. Son principal actionnaire, International Resources Holding (IRH), mène simultanément des activités de développement et d’exploitation, ce qui entraîne des interruptions supplémentaires.
Face à ces perturbations, les autorités zambiennes ont choisi de resserrer le contrôle sur les exportations d’acide sulfurique, en imposant un système de permis. L’objectif est de préserver en priorité les besoins de l’industrie nationale, alors même que les volumes disponibles se réduisent.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte mondial plus large. L’offre de cuivre devrait se resserrer après plusieurs années de sous-investissement. En 2025, la Zambie, deuxième producteur africain, a produit 890 346 tonnes de cuivre, en deçà de son objectif d’un million de tonnes. Dans le même temps, les exportations de cuivre de la RDC ont reculé au premier trimestre de cette année.
À court terme, les arrêts programmés des fonderies de Mopani et Chambishi devraient accentuer les déséquilibres, en réduisant simultanément l’offre de cuivre raffiné et celle d’intrants chimiques essentiels comme l’acide sulfurique.
Mais au-delà de cet épisode conjoncturel, la situation met en lumière la dépendance persistante du secteur minier africain à l’égard de chaînes d’approvisionnement situées en dehors du continent. Les efforts des autorités pour stimuler la transformation locale répondent en partie à cette contrainte. En RDC par exemple, la mise en service fin décembre 2025 de la plus grande fonderie d’Afrique contribue à réduire l’impact de la pénurie mondiale d’acide sulfurique sur les producteurs de cuivre. Son propriétaire, le canadien Ivanhoe Mines, a indiqué ce mois qu’elle vend déjà l’acide sulfurique provenant de sa fonderie à Glencore et Eurasian Resources Group.
Olivier de Souza, Agence Ecofin