Ports et rails : la BEI appuie la stratégie de modernisation du sud-africain Transnet
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Transnet va investir 6,3 milliards d’euros pour moderniser ses infrastructures ferroviaires et portuaires.
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Transnet va investir 6,3 milliards d’euros pour moderniser ses infrastructures ferroviaires et portuaires.
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La Banque européenne d’investissement, via EIB Global, a annoncé la semaine dernière un prêt de 350 millions d’euros à Transnet, l’entreprise sud-africaine de fret et de logistique. L’information survient quelques semaines seulement après que la société a indiqué qu’elle prévoit d’investir dans les cinq prochaines années 127 milliards de rands (6,3 milliards d’euros) pour moderniser ses infrastructures.
La signature de l’accord a eu lieu à Johannesburg en présence du président Cyril Ramaphosa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Selon les détails communiqués par l’institution européenne, le prêt, accompagné d’une subvention de 21 millions d’euros de l’Union européenne, financera la rénovation et la réhabilitation des infrastructures portuaires et ferroviaires de fret de Transnet. L’opération s’inscrit dans le cadre de la Just Energy Transition Partnership, un programme soutenu par plusieurs bailleurs internationaux pour appuyer la transition énergétique sud-africaine, et s’aligne sur la stratégie européenne Global Gateway.
Les fonds serviront également à développer les actifs nécessaires à la mise en place d’une chaîne de valeur de l’hydrogène vert, un domaine présenté par l’Union européenne comme l’un des leviers de la transition vers une économie bas carbone. Selon la BEI, ces investissements doivent favoriser une évolution vers des modes de transport moins émetteurs, réduire les coûts du fret, améliorer l’efficacité du transport et renforcer la connectivité commerciale du pays. L’institution souligne que le projet est conçu pour avoir un impact économique dans plusieurs secteurs, en consolidant la compétitivité du système logistique sud-africain et en contribuant à la création d’opportunités liées à ces activités.
« Au cœur de ce partenariat se trouvent les personnes et les communautés qui dépendent chaque jour d’un transport sûr et efficace. En soutenant la modernisation de Transnet, nous contribuons à renforcer les connexions qui permettent aux entreprises de se développer, aux travailleurs d’accéder à de nouvelles opportunités et aux familles de bâtir des trajectoires plus sûres », a commenté Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.
Pour la directrice générale de Transnet, Michelle Phillips, cet appui de l’UE et de sa banque intervient à un « moment crucial » pour l’entreprise et le pays. « Une infrastructure de transport moderne et durable est la colonne vertébrale d’une économie dynamique. Ces investissements nous aideront à transporter les marchandises plus efficacement, à réduire les émissions et à préparer nos ports et nos réseaux ferroviaires à un avenir plus vert et mieux connecté », a-t-elle indiqué.
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Les nouveaux financements arrivent dans un contexte où Transnet cherchait déjà à optimiser ses infrastructures vieillissantes dont la dégradation a affecté les exportations de matières premières comme le charbon et le minerai de fer. En octobre dernier, en voulant annoncer le plan d’investissement de 127 milliards de rands en marge de la conférence South Africa Tomorrow Investor, Michelle Phillips avait indiqué que l’entreprise est en quête à la fois de « partenaires » et de « sources de financement ». Elle a cité des projets potentiels parmi lesquels le terminal de Richards Bay ou la concession du terminal Pier 2 de Durban.
« Nous travaillons actuellement à une politique formelle de collaboration avec les clients, qui leur permettra, puisqu’ils en ont fait la demande, d’intervenir lorsque nous sommes confrontés à des difficultés », a-t-elle indiqué, selon des propos rapportés par Reuters qui explique que Transnet veut conclure des partenariats avec des compagnies minières et des exportateurs pour obtenir des investissements directs, tout en attirant d’autres « partenaires stratégiques disposant d’expertise et de capitaux ».
Au cours de l’exercice 2024, Transnet a investi 24 milliards de rands dans ses infrastructures et prévoit de porter cet effort à 25 milliards cette année. L’entreprise a lancé plusieurs opérations de maintenance d’envergure, dont une fermeture de dix jours du corridor du minerai de fer pour permettre des travaux de rénovation. Les ports, à commencer par celui de Durban, doivent également être équipés de nouvelles grues et d’outils de manutention destinés à améliorer leur productivité. Transnet vise une hausse progressive des volumes ferroviaires pour atteindre 250 millions de tonnes transportées par an d’ici 2030, après avoir enregistré 152 millions de tonnes en 2023/24. Les volumes atteignaient 226 millions de tonnes en 2017/18.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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