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Jean-Pierre Favennec : « Le retrait des Emirats de l’Opep est un choc plus vif que les précédents retraits de pays africains »

Photo de Ristel Tchounand

Ristel Tchounand

Publié le 07 mai 2026 à 16:26

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Jean-Pierre Favennec, consultant en énergies et spécialiste du pétrole notamment sur l’Afrique.

Jean-Pierre Favennec, consultant en énergies et spécialiste du pétrole notamment sur l’Afrique.

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Une semaine après le retrait des Emirats arabes unis de l’Opep, l’avenir du cartel en pleines tensions géopolitiques au Moyen-Orient assorties du blocus partiel au niveau du détroit d’Ormuz questionne, notamment concernant les pays africains. Jean-Pierre Favennec, consultant en énergies et spécialiste du pétrole, livre son analyse.

Le secrétaire général de l’Opep, Haitham Al Ghais, a reçu, ce jeudi, à Vienne, le représentant de l’Allemagne auprès du Bureau des Nations Unies pour discuter de l'évolution des marchés énergétiques mondiaux, l'importance de marchés pétroliers et énergétiques stables, et le rôle que peut jouer l’Opep à cet effet. Quelques jours plus tôt, l’Egypte y était également. Deux pays importateurs de pétrole qui, naturellement après le retrait surprise des Emirats arabes unis veulent assurer leur approvisionnement à un coût intéressant au moment où le Brent s’échange encore à une haute facture, même si les dernières déclarations de Donald Trump en faveur d’un « possible » accord l’Iran ont insuffle ce jeudi une tendance baissière du cours de l’or noir.

Depuis le 1er mai en effet, les Emirats sont ex-membres de l’Opep, réduisant le poids du cartel à 30% de la production mondiale, contre 35% précédemment, selon les analystes. Leur annonce, deux jours plus tôt, a raisonné comme un coup de tonnerre, poussant les pays et le cartel à revoir plusieurs facteurs. La Russie,  membre de l’Opep+ (jusqu’à environ 55% de la production mondiale), s’est également rendue à Vienne en début de semaine pour évoquer cette même nécessité de stabilité sur le marché pétrolier. D’ailleurs, sept pays de l’Opep+ dont l’Algérie ont une nouvelle fois consenti à ajuster leur production, selon un communiqué de l’organisation. Pour la suite, Jean-Pierre Favennec, consultant en énergies et spécialiste du pétrole notamment sur l’Afrique, y voit au moins deux scénarios possibles pour les pays africains.               

LA TRIBUNE AFRIQUE - Les Emirats arabes unis ont claqué la porte de l’Opep. Quel en pourrait être véritablement l’impact sur les pays africains membres du cartel ?

JEAN-PIERRE FAVENNEC - La sortie des Émirats de l'Opep est un événement très important. Historiquement, l'Opep a connu des entrées et sorties. Je rappelle qu'au départ, l'Organisation a été créée en 1960 avec cinq pays qui sont tous encore membres aujourd’hui, à savoir le Venezuela, l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak et le Koweït. Ensuite, d'autres pays ont rejoint l'organisation, dont en particulier des pays africains. La Libye et L’Algérie en étaient les premiers et sont toujours des membres solides de l'Opep, le Nigéria leur avait effectivement emboîté le pas. La Guinée équatoriale et le Congo Brazzaville sont les derniers pays du continent à avoir rejoint l'Opep en 2017 et 2018. L'Angola et le Gabon qui sont venus bien plus tard ont fait des entrées et sorties.  Mais de manière générale, les allers-retours des pays africains – de même que d’autres pays membres comme l’Equateur - n'ont pas eu beaucoup d'impact sur l'Opep, pour la simple raison que les productions des pays concernés n'étaient pas énormes et de toute façon, leur présence ne jouait pas un rôle fondamental au sein de l’organisation.

Ristel Tchounand

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