Le Maroc veut réviser son Code des investissements agricoles pour attirer des capitaux privés
Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’agriculture marocaine reste encore sous-financée, malgré un énorme potentiel.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’agriculture marocaine reste encore sous-financée, malgré un énorme potentiel.
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L’heure est à la séduction, pour l'agriculture marocaine. Selon les informations relayées dans la presse ces derniers jours, le gouvernement a lancé une étude pour réviser le Code des investissements agricoles (CIA). Objectif : améliorer l’attractivité d'un secteur qui représente près de 10% du PIB et mobiliser des financements privés pour accroître les performances de production, mais aussi en aval au niveau de l’industrie agroalimentaire.
Promulgué en 1969, le CIA est considéré comme la « charte du développement agricole » au Maroc. Ses textes fournissent un cadre global dans plusieurs domaines comme l’aménagement foncier, l’irrigation des systèmes de culture ou encore les incitations destinées aux investisseurs privés. Si cet arsenal juridique a jusqu’ici servi de boussole, le secteur agricole marocain connait de profondes mutations aussi bien en interne qu’au niveau de son positionnement sur le marché international depuis plus d’un demi-siècle.
Le pays est devenu un important producteur et exportateur de produits agro-alimentaires fortement orienté vers l’Union européenne, avec l’olive, les tomates et les cultures maraîchères.
Dans les détails, l’étude devrait se dérouler en trois phases. La première consistera à dresser un état des lieux complet du dispositif actuel afin d’en évaluer la pertinence, au regard des évolutions économiques et institutionnelles du pays. La seconde étape visera à définir les besoins en nouveaux outils juridiques, en alignement avec les politiques agricoles en cours et les orientations du nouveau modèle de développement.
Dans un troisième temps, plusieurs scénarios de réforme seront esquissés et une feuille de route sera proposée pour accompagner le ministère dans la mise à jour du cadre législatif. L’objectif final est d’offrir au secteur un cadre d’investissement modernisé et plus cohérent avec les enjeux actuels, et surtout d’attirer des financements.
Cette refonte se profile dans un contexte où l’agriculture marocaine reste encore sous-financée malgré son potentiel. Les données compilées par l’Office marocain des changes montrent que les flux d'investissements directs étrangers dans le secteur ont chuté de moitié en quatre ans, passant de 1,1 milliard de dirhams, soit environ 103 millions d'euros en 2021 à 549 millions de dirhams soit environ 51,3 millions d'euros en 2024. En outre, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le secteur n’a attiré que 2% du total des flux d’investissements privés entre 2007 et 2022, contre le tiers pour l’industrie et plus de la moitié pour l’immobilier et les infrastructures.
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Pour le Royaume chérifien, l’amélioration de l’environnement des affaires est donc importante pour répondre aux besoins en investissement. Le gouvernement a lancé en 2020 sa stratégie nationale « Génération Green », non seulement pour consolider les acquis du Plan Maroc Vert (2008-2020), mais aussi pour positionner l’agriculture comme un des moteurs de sa croissance économique, avec notamment la mobilisation d'un million d'hectares de terres collectives, le doublement des exportations et du PIB agricole, etc.
Si selon les autorités, plus de 83,3 milliards de dirhams - près de 7,8 milliards d'euros - ont déjà été investis entre 2021 et 2024 dans le cadre de cette feuille de route, seulement 37% de l’enveloppe est venue du secteur privé. Dans un pays qui a perdu un million d’emplois agricoles entre 2019 et 2024 en raison de la sécheresse et du stress hydrique, le soutien en investissements de la part des locaux et des étrangers reste fortement attendu dans le développement de périmètres irrigués et le dessalement de l’eau de mer, pour la production de fruits et légumes sur 100 000 hectares supplémentaires.
L’objectif global est d’atteindre 1 million d’hectares de terres sous irrigation localisée d’ici 2030, contre 750 000 hectares actuellement. Toujours selon les autorités, un tel niveau placerait le pays dans le Top 5 mondial en termes de surfaces agricoles équipées.
Espoir Olodo, Agence Ecofin