En rehaussant de 40% sa contribution au Fonds africain de développement (FAD), le pays nordique espère inspirer les autres partenaires de l’Afrique dans un contexte de fragilités multiples.Le gouvernement danois va débloquer 1,1 milliard de couronnes danoises - plus de 147 millions d’euros - en faveur du Fonds africain de développement (FAD), soit une augmentation de 40% de sa contribution à ce Fonds. « Le Danemark réaffirme ainsi son engagement envers l’Afrique et une coopération multilatérale forte », a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, lors de la récente Réunion ministérielle Afrique - Pays nordiques à Harare, au Zimbabwe. Il anticipait ainsi la participation de son pays à la réunion de reconstitution des ressources du FAD qui s’est achevée le 9 octobre à Lusaka, en Zambie.
Domaines transformateurs
Guichet concessionnel de la Banque africaine de développement (BAD), le FAD finance des domaines « transformateurs » comme l’énergie, les transports ou l’agriculture, dans 37 pays à faibles revenus. Certains d’entre eux cherchent à renforcer leurs capacités pour devenir des marchés émergents, tandis que d’autres considérés comme « fragiles », ont besoin d’appui pour garantir l’offre de services de base. Depuis sa création, l’institution a débloqué plus de 45 milliards de dollars. En 2024, le FAD a investi 5,3 milliards de dollars (dont 3,7 milliards fournis par la BAD). Dans le cadre de son soutien au développement du secteur privé, le Fonds a financé 1 020 entreprises dont 557 dirigées ou détenues par des femmes et des jeunes.
« Investissement stratégique »
Saluant le « leadership fort » et « l’engagement » du Danemark, Sidi Ould Tah, président de la BAD, estime que : « cette augmentation de 40% reflète non seulement la confiance dans l’impact du Fonds, mais aussi une vision commune du développement inclusif, de la résilience et des opportunités pour les pays les plus vulnérables d’Afrique ».
A la réunion de Lusaka centrée sur la dix-septième reconstitution de ressources du FAD dans un contexte de recul de l’aide internationale, sur fond de crises multiples, la BAD a appelé ses partenaires à « repenser leur financement comme un investissement stratégique dont les rendements sont mesurables », car ils ouvrent la porte à des capitaux supplémentaires notamment privés, tout en créant des opportunités des entreprises occidentales.