Pétrole : l’Angola remet en selle l’introduction en Bourse de Sonangol

Espoir Olodo, Agence Ecofin

En 2025, Sonangol a dégagé un bénéfice net supérieur à 750 millions $, selon ses dirigeants.
Photo DR

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En 2025, Sonangol a dégagé un bénéfice net supérieur à 750 millions $, selon ses dirigeants.
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En Angola, la Société nationale pétrolière (Sonangol) n’a pas encore enterré son projet d’introduction en bourse. Selon les propos tenus le 25 février 2026 par Baltazar Miguel, membre du conseil d’administration, les préparatifs pour cette opération continuent d’aller bon train. « Il y a beaucoup de travail en cours pour l’introduction en Bourse », a-t-il déclaré.
Cette prise de parole vient relancer un chantier enlisé depuis plusieurs années. L’opération, initialement annoncée pour 2022, avait été mise en veille sur fond de tensions financières. En 2023, le directeur général, Sebastião Gaspar Martins, avait évoqué la possibilité d’ouvrir jusqu’à 30 % du capital d’ici 2027. Un calendrier qui n’a toutefois pas été confirmé par Baltazar Miguel.
Pour l’entreprise publique, présente dans des dizaines de blocs offshore et active dans le raffinage, l’introduction en Bourse s’inscrit dans le cadre du programme de privatisations PROPRIV, lancé en 2019 pour réduire le poids de l’État dans l’économie, attirer des capitaux privés et diversifier les sources de financement. Ce programme a depuis été prolongé jusqu’en 2026 par décret présidentiel.
Si aucun calendrier n’a été détaillé, les analystes estiment que l’annonce du groupe s’insère dans un contexte de reconfiguration. En janvier 2026, la compagnie a bouclé une levée de fonds de 750 millions $ (647 millions €) via un placement obligataire privé sur les marchés internationaux, marquant une étape importante dans sa stratégie de financement hors budget de l’État.
Elle a aussi bénéficié durant le même mois d’une facilité syndiquée de rachat de créances de 1,75 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d'euros) de la part de la Banque africaine d’importexport (Afreximbank) pour couvrir à la fois ses besoins d’exploitation courante et ses dépenses d’investissement, tout en consolidant les dispositifs liés à ses exportations de brut et de produits pétroliers.
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Sur un autre plan, la société publique discute avec des institutions financières chinoises, avec le soutien du ministère des Finances, pour obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros) destiné à financer en partie la construction d'une nouvelle raffinerie dans le port atlantique de Lobito pour réduire la dépendance du pays aux importations de produits raffinés.
Plus récemment, vers la fin février le groupe a annoncé un virage stratégique vers les minerais critiques notamment l’uranium et le lithium. Cette orientation poursuit plusieurs objectifs : diversifier les sources de revenus au-delà de la seule rente pétrolière et tirer parti du potentiel géologique de l’Angola, riche en lithium, cuivre, cobalt, terres rares, uranium et quartz, et se positionner comme un fournisseur clé de minerais critiques sur le marché mondial, en complément de son statut de deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne.
À terme, l’Angola ambitionne de renforcer le poids du secteur minier dans son économie. Les autorités visent une contribution de 1,6% au PIB d’ici 2027, contre 1,3% en 2022, avec un accent particulier sur les activités hors diamants. Pour y parvenir, le pays compte mobiliser près de 2 milliards de dollars d’investissements cumulés dans ces segments sur la même période. Cette stratégie repose notamment sur une modernisation du cadre réglementaire, ainsi que sur la mise en place d’un registre minier digitalisé destiné à améliorer la transparence et à faciliter l’accès des investisseurs au secteur.
Pour rappel, Sonangol a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires opérationnel en baisse de 13%, à 9,1 milliards de dollars (7,8 milliards d’euros). Ce repli s’explique principalement par une diminution de 14% du prix moyen du brut angolais, tombé à 69,09 dollars le baril. Malgré ce contexte moins favorable, la compagnie indique avoir dégagé un bénéfice net supérieur à 750 millions de dollars sur l’exercice.
Espoir Olodo, Agence Ecofin