L’Égypte veut renforcer la production locale d’équipements d’énergie éolienne

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L'Égypte vise un contenu local compris entre 30 % et 70 % dans les projets éoliens.
Photo DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L'Égypte vise un contenu local compris entre 30 % et 70 % dans les projets éoliens.
Photo DR
En Égypte, une délégation du groupe chinois Sany a rencontré le 23 janvier dernier le ministre de l’Électricité et des Énergies renouvelables, Mahmoud Esmat, en vue d’une collaboration dans l’industrie des équipements éoliens. Les discussions ont notamment porté sur des possibilités de transfert de technologies liées aux composants des éoliennes, des modalités de partenariat et un éventuel cadre de coopération industrielle.
Cette volonté de structurer une industrie locale se montre alors que l’Égypte poursuit ses efforts dans le déploiement de projets éoliens de grande ampleur. En juin 2025, l’émirati AMEA Power annonçait ainsi la mise en service commerciale de sa centrale éolienne de 500 MW à Ras Ghareb, dans le gouvernorat de la Mer Rouge. Développé en partenariat avec le groupe japonais Sumitomo Corporation, ce parc est désormais le plus grand site éolien opérationnel d’Afrique, avec une production estimée à 2 500 GWh par an.
Si cette infrastructure fait du pays nord-africain l’une des places fortes de ce segment du renouvelable, ce pays repose toutefois quasi-exclusivement sur des équipements importés. Selon un rapport publié en 2024 par le Département américain du Commerce, l’Égypte ne produit actuellement localement ni turbines éoliennes ni composants majeurs, ceux-ci étant massivement importés.
Cette situation est renforcée par les exigences des bailleurs de fonds. La Japan Bank for International Cooperation, par exemple, conditionne ses prêts à la participation d’entreprises japonaises, sans établir de seuil de contenu local. Résultat : les industriels égyptiens restent largement à l’écart des projets, faute de capacités intégrées en amont.
Une réalité qui va à contresens des objectifs affichés par le pays depuis près d’une décennie. L’Autorité égyptienne des énergies nouvelles et renouvelables (NREA) et la compagnie nationale de transport d’électricité (EETC) visent officiellement un contenu local compris entre 30 % et 70 % dans les projets éoliens. Dans les faits, ce seuil n’a jamais vraiment été atteint à grande échelle.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Avec un acteur comme Sany — l’un des grands fabricants mondiaux de turbines —, Le Caire a donc la possibilité de commencer à corriger un déséquilibre structurel entre ses ambitions énergétiques et ses capacités industrielles, afin de tirer pleinement profit de ses ressources. En effet, selon la Société financière internationale, l’Égypte dispose d’un potentiel technique éolien de 2 319 GW, soit le second le plus important d'Afrique après l’Algérie.
Selon la Banque africaine de développement (BAD), le pays est bien placé pour développer la fabrication locale d'équipements éoliens et la fourniture de services connexes, bénéficie du soutien de la communauté internationale et peut compter sur les possibilités d’exportation vers d’autres pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Sur le plan de l’emploi, les chiffres témoignent déjà d’une dynamique positive.
Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les emplois dans l’énergie éolienne en Égypte ont progressé, passant de 4 000 en 2023 à 5 200 en 2024, en lien avec les nouvelles capacités installées au cours de l’année et le renforcement continu des besoins en exploitation et en maintenance au sein du parc éolien national.
Plus globalement, ces efforts pour établir une base industrielle dans l’éolien répondent à l’objectif de porter la part du renouvelable à 42% du mix électrique en 2030, et à 65% en 2040. Ils complètent les investissements déjà réalisés pour faire du pays des pharaons un hub de fabrication de technologies solaires. L'Égypte dispose déjà d’une usine de fabrication de modules photovoltaïques inaugurée le dimanche 11 janvier, et plusieurs unités de production sont prévues ou en cours de construction dans la Zone économique du canal de Suez.
Espoir Olodo, Agence Ecofin
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
Agriculture : des projets et 9 milliards d’euros d'investissement pour la filière en Afrique de l'Ouest
Mobilité électrique : Spiro lève 185 millions d'euros pour renforcer sa présence sur le marché africain
Hydroélectricité : en Angola, la production continue de monter en régime