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La Tribune Afrique

Les achats de blé de l'Afrique du Nord attendus en baisse pour 2026/2027

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 20 mai 2026 à 09:30

Les achats nord-africains de blé sont attendus autour de 4 millions t en 2026/2027, contre environ 7 millions tprécédemment, soit -42,8 % sur un an.

Les achats nord-africains de blé sont attendus autour de 4 millions t en 2026/2027, contre environ 7 millions tprécédemment, soit -42,8 % sur un an.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le blé est la principale denrée de base en Afrique du Nord. Avec une consommation par tête qui dépasse les 150 kg par an, cette sous-région est l’un des principaux pôles mondiaux d’importation.

En 2026/2027, les pays du nord de l’Afrique seront beaucoup moins présents sur le marché international du blé. Selon les dernières prévisions du Département américain de l’agriculture (USDA), cette sous-région devrait acheter dans son ensemble environ 29 millions de tonnes de la céréale, contre 33 millions de tonnes un an plus tôt. Ce volume marquerait son niveau le plus bas depuis 2022/2023 et la ferait passer de la seconde à la troisième place dans le commerce mondial, derrière l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne.

Dans les détails, c’est le Maroc qui affichera la réduction des importations la plus marquée de la sous-région. Les achats de blé du pays sont attendus autour de 4 millions de tonnes en 2026/2027, contre environ 7 millions de tonnes précédemment, soit une baisse de 42,8% sur un an. Derrière le royaume chérifien, l’Algérie verrait ses importations chuter d’environ 10% à 8,5 millions de tonnes, tandis que l’Égypte, deuxième importateur mondial après l’Indonésie, réduirait ses volumes de 5% à 12,5 millions de tonnes.

Des récoltes plus abondantes

Ce recul attendu des importations s’explique avant tout par de meilleures perspectives de production céréalière. Dans la zone, l’offre est attendue à 23,1 millions de tonnes, un niveau historique porté par l’amélioration de la performance des deux principaux fournisseurs sous-régionaux.

En Egypte, premier producteur africain, l’USDA indique que l’offre devrait enfin franchir la barre des 10 millions de tonnes, après plusieurs années de fluctuation entre 8 et 9,8 millions de tonnes. Une performance record qui sera liée à l’augmentation des superficies emblavées à jusqu'à 1,5 millions d’hectares, et à l’engouement des agriculteurs qui bénéficient de prix d’achat plus élevés pour la campagne de collecte du blé s’étendant généralement de la mi-avril à la mi-août.

Au Maroc, après sept années de sécheresse, des pluies abondantes et mieux réparties ont mis fin à une longue période de déficit hydrique, offrant des conditions bien plus propices aux cultures céréalières. D’après les chiffres officiels, le royaume chérifien a enregistré environ 462 mm de précipitations cumulées entre le 1ᵉʳ septembre 2025 et le 11 mars 2026, un volume supérieur de 56 % à la moyenne des trente dernières années, et de 134% à celui observé sur la même période un an plus tôt. Dans ce contexte, le pays pourrait récolter 7,5 millions de tonnes de blé, soit plus du double du résultat précédent (3,5 millions de tonnes).

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À l’échelle africaine, cette recomposition se profile alors que d’autres pays, comme le Nigeria, voient leurs achats de blé progresser fortement. Le pays le plus peuplé d’Afrique devrait prendre la place de 3e importateur africain de blé au Maroc, avec 6,5 millions de tonnes.

Une consommation qui restera dynamique

Si les achats de la sous-région nord-africaine seront en baisse, l’USDA estime que la consommation ne diminuera pas. Elle est attendue à 48,6 millions de tonnes en 2026/2027, soit plus d’un million de tonnes que l'exercice précédent, et un nouveau sommet. La demande restera importante avec la place centrale du pain et des produits céréaliers dans les régimes alimentaires, ainsi qu'avec les politiques publiques qui, dans plusieurs pays comme le Maroc et l’Egypte, continuent de subventionner le blé et la farine.

Plus globalement, la baisse des importations nordafricaines devrait permettre  d’alléger la pression sur les réserves de change et les budgets publics des Etats. Il s’agit à contrario d’un signal défavorable pour de nombreux exportateurs comme la France, la Russie, et d’autres pays de la mer Noire. 

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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