De la bauxite à l’or : la montée en puissance de l’Indien Gagan Gupta dans les mines africaines

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Gagan Gupta a notamment fondé la Plateforme africaine de traitement des minéraux et métaux (A2MP)
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Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Gagan Gupta a notamment fondé la Plateforme africaine de traitement des minéraux et métaux (A2MP)
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La compagnie minière australienne Prospect Resources a annoncé lundi 16 février une levée de fonds de 45 millions de dollars australiens (26,8 millions d’euros) pour financer son projet de cuivre Mumbezhi en Zambie. L’opération est soutenue par son premier actionnaire Eagle Eye Asset Holdings, qui investit 4 millions d’euros pour maintenir sa participation au capital de la société à 15,1%. Cette société d’investissement singapourienne, liée à l’homme d’affaires indien Gagan Gupta, a développé ces dernières années un portefeuille minier diversifié dans différents pays africains.
Eagle Eye Asset (EEA) est un family office basé à Singapour, dont Gagan Gupta est actionnaire. Fondateur du groupe Arise, il s’est d’abord fait connaître en Afrique à travers le développement de plateformes industrielles et logistiques, notamment dans les ports et les zones économiques spéciales, au Gabon, au Bénin et au Togo. En parallèle, l’homme d’affaires indien a fondé la Plateforme africaine de traitement des minéraux et métaux (A2MP), qui est contrôlée par la société singapourienne.
EEA et A2MP ont pris des positions dans le secteur minier africain, particulièrement dans l’or en Afrique de l’Ouest. Cora Gold, compagnie active sur le projet aurifère Sanankoro au Mali, a ainsi annoncé le 9 février dernier un investissement d’EEA lui permettant de détenir jusqu’à 29,9% du capital de la société. L’opération devrait contribuer à financer le développement du projet Sanankoro, capable de livrer 482 000 onces d’or en 10,2 ans.
Toujours au Mali, EEA a signé fin avril 2025 un accord pour entrer au capital de Toubani Resources. Le groupe est devenu l’actionnaire principal de la société australienne, qui développe dans le pays ouest-africain une mine d’or pouvant produire 1,49 million d’onces en moins de 10 ans. Gagan Gupta et ses associés détiennent aussi une participation de 56,5% dans le projet Minim Martap, appelé à devenir cette année la première mine de bauxite du Cameroun. A cela s’ajoutent des participations dans la future mine d’or Baomahun en Sierra Leone, le projet de minerai de fer Belinga au Gabon ou encore dans des projets de rubis au Mozambique.
La montée en puissance de Gagan Gupta dans le secteur minier africain est soutenue notamment par la Banque africaine d’exportation-importation (Afreximbank), dont le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA) a annoncé en novembre 2025 un investissement de 300 millions de dollars dans A2MP. A cette occasion, l’homme d’affaires indien est revenu sur ses ambitions dans l’exploitation minière en Afrique.
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« Cet investissement stratégique nous permet de développer notre modèle entièrement intégré d'extraction, de traitement et de transformation responsables, tout en accélérant la création d'industries locales à forte valeur ajoutée à travers l'Afrique. Notre ambition est de faire d'A2MP le pilier de la prochaine révolution industrielle du continent, de créer des milliers d'emplois et d'avoir un impact durable sur les communautés », a déclaré le fondateur de la société.
Aux côtés de l’Africa Finance Corporation (AFC), Afreximbank a aussi participé au montage financier de 430 millions de dollars pour la construction de la mine d’or Baomahun. Développée sous la houlette d’A2MP et de la société d’investissement Boxmoor, cette mine devrait créer jusqu’à 900 emplois directs et indirects et contribuer à hauteur d’environ 10% au PIB sierra-léonais. Cette contribution économique ne correspond pourtant qu’à une partie des promesses du tycoon indien.
Les investissements annoncés jusqu’ici par EEA et A2MP se concentrent en effet sur l’exploration et l’exploitation minière là où des ambitions dans la transformation locale des minéraux africains sont régulièrement répétées. A l’heure où plusieurs pays du continent, du Gabon à la Zambie, cherchent à s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur des minéraux, l’homme qui voulait industrialiser l’Afrique doit encore passer des paroles à l’acte.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin