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Blé : le Canada vise plus de parts du marché africain

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 28 mai 2026 à 16:10

Le blé s'est imposé en Afrique comme un produit alimentaire de première nécessité, un contexte favorables aux gros exportateurs.

Le blé s'est imposé en Afrique comme un produit alimentaire de première nécessité, un contexte favorables aux gros exportateurs.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Canada est le second exportateur mondial de blé après la Russie. Le pays d’Amérique du Nord nourrit des ambitions de conquête d’un marché de consommation africain dynamique.

Au Canada, la filière blé rêve d’une présence plus importante sur le marché africain. Dans une interview accordée au média local Canadian Cattleman le vendredi 22 mai, Leif Carlson, viceprésident chargé des marchés et du commerce au sein de Cereals Canada, a indiqué que le pays compte se faire une meilleure place au soleil sur cette destination.

« Nous considérons l’Afrique comme une opportunité. C’est un marché sur lequel nous sommes déjà présents, mais je pense qu’il reste encore beaucoup à faire », a déclaré le responsable.

Un potentiel important

Avec cette ambition, les acteurs canadiens veulent profiter de la croissance actuelle du marché du blé dans une région où cette céréale s’est imposée depuis plusieurs décennies comme un produit alimentaire de première nécessité.

Avec le changement des habitudes de consommation lié à la croissance économique et à l’urbanisation, la demande a fortement augmenté pour la fabrication de pain, mais aussi pour la production d’une grande variété d’articles comme les pâtes alimentaires, les biscuits, le couscous et les pâtisseries. Cette situation, couplée à la faible production intérieure du fait de conditions biophysiques peu favorables (sol, climat, température, etc.) a conduit à une explosion des importations.

Selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA), les achats de la région sont passés d’environ 45 millions de tonnes en 2013/2014 à plus de 62 millions de tonnes en 2024/2025, niveau qui en fait un centre névralgique pour le commerce mondial de blé. Si cette tendance a fourni un terreau favorable à l’ensemble des fournisseurs mondiaux, le Canada reste encore largement en retrait du boom.

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Le pays, 4e producteur mondial derrière l’Inde, la Chine et la Russie, et second exportateur global en volumes, n’a engrangé que 1,1 milliard USD (environ 944,2 millions d'euros)  de ses ventes vers la région en 2024. Un tel niveau représente moins de 10 % de l’ensemble de l’enveloppe consacrée par l’Afrique à ses achats (15 milliards USD, soit environ 12,9 milliards d'euros), et 5 fois moins que le résultat enregistré par la Russie sur la même période vers la région. Autrement dit, la marge de progression reste importante pour Ottawa.

La céréale canadienne est déjà présente sur des marchés majeurs comme le Nigeria, où les industriels la mélangent avec du blé de local qualité inférieure et du blé dur rouge d’hiver américain, dans la fabrication de farines. Le géant démographique de plus de 240 millions d'habitants était d’ailleurs en 2023/2024, le premier débouché africain pour le blé tendre en provenance du Canada, absorbant 659 000 tonnes selon les données de l’USDA.

Dans la sous-région ouest-africaine, le Canada est aussi un fournisseur majeur du Ghana, expédiant près de 413 000 tonnes de blé et produits dérivés en 2025 vers l’ex-Gold Coast, ce qui en fait le second acteur du marché après la Turquie. La filière canadienne est aussi présente au Maroc, vers lequel elle a exporté près de 1 million de tonnes de la céréale en 2024/2025, d’après les données de l’Office des changes.

De nouveaux marchés ciblés

Si ces pays sont déjà des grands clients qu’il faudra consolider, Ottawa entend aussi partir à la conquête de nouveaux marchés à fort potentiel. Dans le cadre de cette offensive, les acteurs misent notamment sur le Kenya. Avec plus de 2 millions de tonnes de blé importées chaque année, il s'agit en effet du premier marché de la céréale en Afrique de l’Est, grâce à une demande tirée par la croissance de la population urbaine et le dynamisme des industries de la boulangerie, des pâtes et de la restauration.

Le Cameroun est également identifié comme un relais de croissance dans la région d’Afrique centrale, tandis que le Mozambique, qui constitue le deuxième marché du blé en Afrique australe après l’Afrique du Sud, est une destination sur laquelle les acteurs canadiens veulent se renforcer.

Du côté des analystes, on estime que les ambitions canadiennes s’inscrivent un contexte où la compétition sur le marché africain du blé s’intensifie avec la Russie, qui est déjà un acteur incontournable en Afrique du Nord, mais aussi avec l’Ukraine, qui cherche à accroître sa présence sur continent. En avril dernier, l'Ukraine a justement inauguré au Ghana un premier hub agricole qui doit servir à la fois de plateforme pour l’aide humanitaire et de point d’entrée commercial vers les marchés ouest-africain, où sa présence sur le blé restait jusqu’ici marginale.  

À côté de ces deux acteurs de la mer Noire, d’autres fournisseurs historiques du marché africain ne sont pas en retrait. La France, l’Allemagne, ou encore les ÉtatsUnis restent des origines importantes et cherchent, eux aussi, à peser sur le marché en jouant sur la qualité, la fiabilité des livraisons et des liens de longue date avec certaines minoteries ou offices céréaliers nationaux.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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