Le groupe agricole franco-marocain Azura veut intensifier ses activités dans le Sahara occidental
Espoir Olodo, Agence Ecofin

Azura exploite 55 fermes agricoles pour un total de 1 200 hectares cultivés, dont 436 hectares à Dakhla.
Photo DR
Espoir Olodo, Agence Ecofin

Azura exploite 55 fermes agricoles pour un total de 1 200 hectares cultivés, dont 436 hectares à Dakhla.
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L’entreprise franco-marocaine Azura, spécialisée dans les fruits et légumes, poursuit son expansion dans le Sud du Maroc. La compagnie a annoncé début novembre un investissement de 200 millions de dirhams soit environ 18,7 millions d'euros dans ses activités à Dakhla, seconde ville la plus peuplée du Sahara occidental après Laâyoune.
Avec ce nouvel investissement annoncé pour d’ici fin 2025, la compagnie entend booster ses activités dans la région et améliorer ses performances commerciales. Née en 1988 d'une collaboration entre l'entrepreneur français Jean-Marie Le Gall et l’homme d'affaires marocain Mohamed Tazi, l’entreprise est actuellement l’un des leaders mondiaux de la production de tomates cerises. Elle exploite 55 fermes agricoles d’une superficie totale de 1 200 hectares cultivés, dont 436 hectares à Dakhla.
Elle possède notamment une station de conditionnement de tomates sur 10 hectares à Agadir, et une plateforme logistique d'une capacité de 11 000 m2 à Perpignan pour desservir ses clients dans l’Hexagone, notamment des enseignes de grande distribution, mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne, en Grande-Bretagne et dans les pays d’Europe du Nord. Avec cette organisation intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne logistique, Azura expédie chaque année près de 188 000 tonnes de tomates cerises vers l’Europe, selon les données publiées sur son site web.
L’entreprise, qui exploite également une station aquacole de 200 hectares dédiée à la production de palourdes européennes, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 5,5 milliards de dirhams (environ 514 millions €) en 2024. Elle revendique un investissement total cumulé de 1,5 milliard de dirhams (environ 140,2 millions €) au Sahara occidental, et plus de 7 000 emplois directs créés à Dakhla.
L’annonce de la compagnie survient dans un contexte diplomatique et économique particulier. La veille, une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies a consacré le plan d’autonomie proposé en 2007 par le Maroc comme base des futures négociations sur le Sahara occidental, territoire désertique de 266 000 km² situé au nord de la Mauritanie, et disputé entre le royaume chérifien et le Front Polisario, ce dernier étant soutenu par l’Algérie.
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L’investissement est aussi annoncé un mois après le nouvel accord commercial entre le Maroc et l’Union européenne (UE) sur la pêche et l’agriculture. Cette entente, dénoncée notamment par l’Espagne, prévoit désormais l’extension au Sahara occidental du traitement préférentiel en matière de droits de douane, ainsi que de nouvelles règles d’étiquetage pour les produits horticoles issus de ce territoire. Selon les termes dudit accord, les fruits et légumes provenant de cette zone seront identifiés par leur région d’origine, Laâyoune-Sakia El Hamra ou Dakhla-Oued Eddahab, qui sont des divisions administratives du Maroc.
Alors qu'Azura renforce son empreinte locale, il faut souligner que la compagnie a été confrontée ces dernières années à plusieurs griefs de la part des producteurs français de tomates, qui l’accusent comme l’ensemble des autres acteurs de la filière marocaine, de « concurrence déloyale ». Les raisons, des prix jugés trop bas en raison du coût moindre de la main-d’œuvre locale et de l’exemption des tarifs douaniers dans le cadre de l’entente UE-Maroc de 2012 sur les mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles et de la pêche.
« On respecte les règles à la lettre », avait notamment répondu en juillet 2024, Abir Lemseffer, directrice générale adjointe d'Azura. Il faut rappeler que sur le marché de l’UE, la France est le principal débouché pour la tomate marocaine. L’Hexagone a absorbé 50 % des 745 000 tonnes expédiées par le Royaume chérifien vers le marché communautaire en 2024/2025, selon les données de l’Office des changes du Maroc.
Espoir Olodo, Agence Ecofin