Dans un monde où l’avenir devient impensable sans intelligence artificielle, la ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration du Maroc confirme ses convictions. Figure de proue du Gitex Africa Morocco dont la quatrième édition s’est tenue à Marrakech début avril, l’experte revient sur la grand-messe africaine de la Tech et détaille l’ambition marocaine au nord d’un continent qui, selon elle, peut faire la différence.LA TRIBUNE AFRIQUE - Plus de 130 pays représentés, plus de 50 000 participants, de nombreux deals scellés… Comment avez-vous accueilli l’édition 2026 du Gitex Africa Morocco ?
AMAL EL FALLAH SEGHROUCHNI – Le Gitex Africa Morocco est d’abord une plateforme technologique africaine, pour tous les pays et toutes les entreprises du continent. Dix-huit ministres africains ont participé avec nous à cette édition et il est question pour nous de davantage travailler ensemble en créant des ponts. Au-delà, plus de 400 investisseurs - capitalisant plus de 350 milliards de dollars d'actifs - étaient présents. C’est une aubaine pour nos startups qui ont pu décrocher des deals intéressants, des investissements dans leurs technologies. Il y a eu un engouement extraordinaire sur cette édition, avec un avantage qualitatif par rapport aux éditions précédentes. Chaque année, nous gagnons en maturité.
L'intelligence artificielle est justement au cœur des échanges cette année. Comment le Maroc se positionne-t-il ?
Tout d’abord en tant que Ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration (MTNRA), nous voulons avoir la troisième voie de l'intelligence artificielle. Nous pensons qu'aujourd'hui nous ne pouvons pas changer les règles du jeu, mais nous pouvons changer le jeu. À l'échelle internationale, ça se joue en milliards de dollars d'investissements. Au Maroc, nous essayons de développer une IA qui soit frugale, responsable, une IA de niche et une IA basée sur le multilatéralisme. Personne ne peut faire tout seul, encore moins quand on n'est pas des poids lourds. Ce qui est donc très important pour nous, c'est de créer ce réseau de coopération multilatérale internationale, pour porter cette troisième voie d'une IA responsable au service du citoyen.
Il y a près de 20 ans, le continent africain étonnait le monde avec la création du paiement mobile qui lui a permis de gagner, dans une certaine mesure, la bataille de l’inclusion financière. Alors que l’IA s’impose dans l’avenir de la planète, pensez-vous que l’Afrique pourrait ouvrir une nouvelle porte d’innovation technologique unique au monde grâce à l’IA ?