L'Egypte demeure la première destination des IDE malgré le recul des flux

L'Égypte devient un carrefour majeur des stratégies d’investissement internationales sur le continent africain.
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L'Égypte devient un carrefour majeur des stratégies d’investissement internationales sur le continent africain.
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Avec 15 milliards de dollars (environ 13 millions d'euros) d’investissements directs étrangers enregistrés en 2025, l’Égypte s’est imposée comme la première destination des capitaux internationaux en Afrique, selon le World Investment Report 2026 publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Ce niveau confirme le rôle central du pays dans les stratégies d’investissement des grands groupes internationaux, même si les flux restent inférieurs au record exceptionnel atteint en 2024, année marquée par la conclusion du mégaprojet de Ras El-Hekma avec les Émirats arabes unis.
La CNUCED souligne d’ailleurs que, hors effet de cette opération hors norme, les investissements étrangers en Égypte ont encore progressé d’environ 25 % en 2025. Cette hausse a notamment été soutenue par le projet immobilier et touristique Alam El-Roum, évalué à 3,5 milliards de dollars.
L’attractivité du pays repose sur une combinaison de facteurs : un vaste marché domestique, une position géographique stratégique entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, ainsi qu'une politique volontariste destinée à attirer les investisseurs internationaux.
Depuis plusieurs années, les autorités du Caire multiplient les dispositifs destinés à renforcer son attractivité : incitations fiscales, simplification des procédures administratives, développement de zones franches et lancement de grands projets structurants.
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La Zone économique du canal de Suez (SCZone) constitue l’un des principaux piliers de cette stratégie. Les autorités y mettent en avant des infrastructures modernisées, un cadre réglementaire plus souple et des avantages fiscaux afin d'attirer des investissements dans les secteurs de la logistique, de l'industrie manufacturière, des technologies et des énergies.
Cette politique s'inscrit dans un contexte où plusieurs investisseurs cherchent à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement et leurs bases industrielles, notamment dans les secteurs liés à la transition énergétique.
Le mégaprojet de Ras El-Hekma, annoncé en 2024 et porté par Abu Dhabi Developmental Holding Company, reste l’illustration la plus emblématique de cette stratégie. Bien que son impact exceptionnel ne se retrouve plus dans les chiffres de 2025, il continue de soutenir la dynamique d'investissement autour du développement urbain, du tourisme et des infrastructures.
La performance égyptienne intervient dans un contexte moins favorable pour l'ensemble du continent. Selon la CNUCED, les IDE vers l’Afrique ont reculé de 94 milliards de dollars en 2024 à 70 milliards en 2025, soit une baisse de près de 26%.
Ce recul s'explique en grande partie par la normalisation observée après les opérations exceptionnelles enregistrées en Égypte en 2024. Malgré cette contraction, les flux restent à un niveau historiquement élevé.
« Si l’on exclut les pics exceptionnels liés aux importantes opérations ponctuelles réalisées en Afrique du Sud en 2021 et en Égypte en 2024, les résultats de 2025 constituent la meilleure performance depuis plusieurs décennies », souligne la CNUCED.
Les investissements reçus par le continent demeurent ainsi environ un tiers supérieurs à leur moyenne observée entre 2010 et 2024, ce qui constitue le troisième meilleur résultat depuis le début des années 1990.
L’Afrique du Nord est restée la première sous-région bénéficiaire des IDE grâce aux performances de l’Égypte et du Maroc, même si les flux y ont fortement diminué par rapport au niveau exceptionnel atteint un an plus tôt.
À l’inverse, plusieurs autres régions du continent ont enregistré une progression. Les flux ont atteint 20 milliards de dollars en Afrique de l’Ouest, 15 milliards en Afrique de l’Est et 10 milliards en Afrique australe. La Guinée, le Nigeria, le Mozambique, l’Éthiopie et l’Ouganda figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette dynamique.
En Afrique centrale, les investissements ont reculé à 5 milliards de dollars, même si la République démocratique du Congo demeure la première destination de la sous-région.
Au-delà des différences régionales, la structure sectorielle des investissements reste relativement stable. Les capitaux continuent de se concentrer principalement dans les hydrocarbures, les industries minières, les infrastructures énergétiques ainsi que dans certaines activités manufacturières, confirmant le poids des ressources naturelles et de l'énergie dans l'attractivité du continent.
À l’échelle mondiale, les IDE ont progressé de 6% en 2025 pour atteindre 1 624 milliards de dollars, contre 1 532 milliards un an auparavant. Les économies développées ont enregistré une hausse de 11% des entrées, contre 2 % pour les économies en développement, selon les données de la CNUCED.