La fonderie de Kamoa-Kakula doit transformer directement le concentré de cuivre issu des différentes unités de traitement du complexe minier en anodes de cuivre pur à 99,7%
Fondateur et codirigeant de la société minière Ivanhoe Mines, l’homme d’affaires canado-américain Robert Friedland et ses partenaires chinois exploitent depuis plusieurs années la mine de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, devenue la plus grande mine de cuivre du continent. L’entrée en service de la fonderie construite sur le site marque l’aboutissement d’un projet industriel annoncé dès 2021.
En RDC, la nouvelle fonderie de cuivre construite sur le site minier de Kamoa-Kakula a produit ses premières anodes de cuivre le 29 décembre dernier, rapporte la compagnie minière Ivanhoe Mines fondée par le milliardaire Robert Friedland. D’une capacité nominale de 500 000 tonnes de cuivre par an, l’installation est présentée par l’entreprise comme la plus grande fonderie de cuivre en Afrique.
Selon les détails communiqués début janvier, la fonderie de Kamoa-Kakula doit transformer directement le concentré de cuivre issu des différentes unités de traitement du complexe minier en anodes de cuivre pur à 99,7%. Les premières anodes ont été produites environ cinq semaines après le démarrage du chauffage du four, et une semaine après l’introduction du premier concentré.
Un investissement significatif
La montée en puissance est en cours, et la fonderie devrait atteindre un niveau de fonctionnement stable d’ici fin 2026. L’infrastructure est également conçue pour produire jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an, un coproduit largement utilisé dans les opérations minières du sud de la RDC et des pays voisins, dont la demande s’est renforcée depuis septembre 2025.
« La production des premières anodes de cuivre issues de notre fonderie de classe mondiale constitue un moment déterminant pour Kamoa-Kakula. Cette réalisation est l’aboutissement d’un investissement de 1,1 milliard de dollars […] », a commenté Robert Friedland. Ce montant est supérieur à l’estimation de coût de 700 millions de dollars réalisée en 2021 par l’entreprise pour la fonderie.
Les raisons de cet écart n’ont pas été détaillées par la compagnie. Ce montant pourrait toutefois intégrer des coûts connexes liés aux infrastructures associées au projet. Pour mener à bien son projet, la compagnie a par exemple installé un système d’alimentation électrique sans interruption, capable de fournir jusqu’à deux heures d’alimentation instantanée de secours à la fonderie.
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Un contexte de révision des objectifs miniers
L’entrée en production de la fonderie intervient alors que le complexe Kamoa-Kakula ajuste ses objectifs de production minière. À la suite d’un incident sismique survenu en mai 2025 et ayant affecté la mine souterraine de Kakula, Ivanhoe Mines a revu à la baisse ses prévisions de production.
Initialement attendu dès 2025, le seuil symbolique de 500 000 tonnes de cuivre par an ne devrait être atteint qu’à l’horizon 2027. Après une production record de plus de 437 000 tonnes en 2024, la production annuelle est désormais plafonnée à environ 420 000 tonnes en 2025 et 2026, avant une remontée progressive à mesure de l’avancement des travaux de remise en état.
Dans un marché marqué par des tensions persistantes sur l’offre mondiale de cuivre, métal central pour les réseaux électriques, les technologies de transition énergétique et l’industrie, la capacité du complexe à transformer sur place le cuivre extrait, constitue un élément opérationnel important pour ses actionnaires. Le complexe Kamoa-Kakula est détenu à 39,6% par Ivanhoe Mines, à 39,6% par le groupe chinois Zijin Mining, à 20% par l’État congolais et à 0,8% par Crystal River Global Limited.
Pour la RDC, premier producteur de cuivre en Afrique et dans le top 3 mondial, cette avancée dépasse le seul cadre industriel. Elle a le potentiel de renforcer la place du pays dans la chaîne de valeur mondiale du cuivre. Selon la Banque centrale du pays, le métal rouge représente plus de deux tiers des exportations congolaises et une part significative des recettes minières, attendues à 5 milliards de dollars dans le budget 2025.