Mines : Glencore et Rio Tinto relancent l’hypothèse d’une fusion

Les grands groupes miniers cherchent à se consolider dans des industries extractives en pleine recomposition avec la transition énergétique.
DR

Les grands groupes miniers cherchent à se consolider dans des industries extractives en pleine recomposition avec la transition énergétique.
DR
Les groupes miniers Glencore et Rio Tinto ont confirmé cette semaine être engagés dans des discussions préliminaires en vue d’une possible fusion. Dans un communiqué publié sur son site, la société anglo-suisse indique avoir pris note des récentes spéculations médiatiques et confirme être en discussions avec celle anglo-australienne autour d’un rapprochement portant sur « tout ou une partie » de leurs activités. Selon les éléments évoqués à ce stade, l’opération pourrait prendre la forme d’une fusion entièrement réglée en actions, via un schéma d’arrangement soumis à l’approbation de la justice.
Les deux groupes soulignent toutefois qu’aucun accord n’a encore été conclu, et qu’il n’existe aucune certitude quant aux termes, à la structure ou même à la réalisation d’une telle opération. Conformément aux règles britanniques en matière de prises de contrôle, Rio Tinto dispose d’un délai courant jusqu’au 5 février prochain pour annoncer soit son intention ferme de déposer une offre sur Glencore, soit sa décision de ne pas poursuivre.
Cette nouvelle phase de discussions n’est pas une première. En janvier 2025 déjà, des échanges avaient eu lieu entre les deux groupes, à l’initiative de Glencore, avant d’être rapidement interrompus, selon des informations rapportées à l’époque par Reuters. Ces discussions sans issue avaient néanmoins ravivé l’hypothèse d’une consolidation majeure dans le secteur minier mondial.
Les deux parties avaient en effet envisagé un rapprochement par le passé. En 2014, Rio Tinto avait rejeté une proposition de fusion émanant de Glencore, estimant alors que l’opération ne servait pas les intérêts de ses actionnaires. L’intérêt récurrent pour un tel scénario tient du poids stratégique des deux acteurs. Rio Tinto est l’un des premiers producteurs mondiaux de minerai de fer, et dispose d’un portefeuille qui monte fortement en puissance dans le cuivre et le lithium.
Glencore, de son côté, combine des activités minières de premier plan dans les métaux de base et une puissante plateforme de négoce de matières premières, avec une exposition encore significative au charbon. Plusieurs analystes ont régulièrement souligné les complémentarités potentielles, notamment dans le cuivre. D’autres points apparaissent en revanche plus sensibles, à commencer par les activités "charbon" de Glencore, un segment dont Rio Tinto s’est retiré il y a quelques années.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La reprise de ces discussions survient dans un contexte de recomposition accélérée du secteur minier mondial. Face à la montée en puissance de la transition énergétique, à l’électrification des usages et au développement rapide de l’intelligence artificielle, les grands groupes cherchent à renforcer leur positionnement sur les métaux dits stratégiques, au premier rang desquels le cuivre, dont le prix a atteint des sommets à plus de 12 000 USD (environ 10 300 euros) la tonne.
Cette dynamique s’est traduite par une multiplication des opérations de croissance externe. En septembre 2025, Anglo American et Teck Resources ont ainsi annoncé leur fusion afin de créer un groupe centré sur les minéraux critiques, avec une exposition majoritaire au cuivre. Quelques semaines plus tard, BHP a tenté une ultime approche pour acquérir Anglo American, une proposition finalement rejetée par le Conseil d’administration du groupe britannique.
Les actionnaires de Teck Resources ont depuis approuvé la fusion avec Anglo American, dont la finalisation dépend désormais des autorisations réglementaires prévues pour 2026. Le nouvel ensemble, appelé Anglo Teck, ambitionne de devenir l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de cuivre, avec des synergies annoncées et un renforcement marqué de son profil sur les métaux de la transition.
Pour Glencore et Rio Tinto, une fusion créerait selon les estimations un groupe d’une capitalisation boursière de près de 207 milliards USD (environ 177,8 milliards d'euros). Elle dépasserait alors les 161 milliards USD (environ 138,2 milliards d'euros) du groupe BHP.