En Centrafrique, un fonds de garantie national pour améliorer l'accès des PME aux crédits

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Selon l’ONU, les PME représentent plus de 90 % des entreprises formelles en République centrafricaine.
Photo DR

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Selon l’ONU, les PME représentent plus de 90 % des entreprises formelles en République centrafricaine.
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En République centrafricaine (RCA), la mise en service annoncée du Fonds de garantie nationale (FGN) marque une étape attendue dans la structuration du financement des petites et moyennes entreprises. Présenté le 4 décembre 2025 par le ministre des Finances, Hervé Ndoba, à l’occasion d’un échange avec le représentant résident de la Banque mondiale, Guido Rurangwa, l’instrument est conçu comme un levier de réduction du risque bancaire dans un environnement où l’accès au crédit reste l’un des principaux freins à l’investissement privé.
Doté d’un capital social de 10 milliards FCFA (environ 15,2 millions d'euros), dont 3 milliards FCFA apportés par la Banque mondiale, le FGN a vocation à couvrir partiellement les risques supportés par les établissements de crédit lorsqu’ils financent des entreprises locales. Le principe est classique, mais crucial dans un pays où la faiblesse des garanties matérielles exclut une grande partie des PME du circuit bancaire formel. En mutualisant une partie du risque, le fonds doit inciter les banques à élargir leur portefeuille de prêts aux acteurs productifs, en particulier dans l’agriculture, le commerce et les services.
L’opérationnalisation du FGN intervient dans un contexte financier particulièrement contraint. Selon l’Agence Bloomfield Investment, le taux de bancarisation du pays plafonnait à 7 % en 2021, tandis qu’environ 90 % de la population active évoluait dans le secteur informel selon les chiffres de 2019. Dans ce paysage, seulement 22 % des PME ont accès à un financement bancaire formel, selon Guido Rurangwa, représentant de la Banque mondiale pour le pays.
Cette situation limite fortement la capacité des entreprises à investir, à moderniser leurs équipements ou à absorber les chocs conjoncturels. Pour les banques, la perception du risque reste élevée, dans un environnement encore marqué par l’instabilité sécuritaire et l’absence de garanties fiables. Le FGN entend précisément agir sur ce point de blocage, en rééquilibrant le partage du risque entre le secteur public et les acteurs financiers privés.
Au-delà du seul enjeu bancaire, le fonds s’inscrit dans un écosystème de PME encore fragile, mais central pour l’économie centrafricaine. Selon l’ONU, les PME représentent plus de 90% des entreprises formelles du pays et constituent « un moteur essentiel de la croissance nationale », malgré leur faible intégration aux marchés régionaux.
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Pour faciliter leur développement ainsi que la création de nouvelles entreprises, les autorités ont ainsi adopté plusieurs réformes ces dernières années. En plus de la réduction du capital minimum à verser pour constituer une société, l’État a introduit plusieurs mesures pour renforcer la participation des entreprises locales à la commande publique.
À court terme, l’entrée en service du fonds pourrait contribuer à desserrer l’étau du crédit, à soutenir l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus solide et à réorienter une partie des financements bancaires vers les secteurs productifs. Un signal attendu dans une économie sous tension, où la relance passe, par la vitalité des PME.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin
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