Madagascar poursuit son offensive pour réduire ses importations de riz

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Déchargement d’une cargaison de riz au port de Toamasina, sur la côte est de Madagascar.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Déchargement d’une cargaison de riz au port de Toamasina, sur la côte est de Madagascar.
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A Madagascar, 150 000 hectares de nouveaux périmètres rizicoles seront installés. L’annonce a été faite le 14 février dernier dans le cadre de la signature d’un mémorandum d’entente entre le ministère de l’Agriculture et l’entreprise privée Com’On Holding & Partenaire.
Ce partenariat public-privé prévoit la mise en place de sites pilotes dans des zones à fort potentiel comme l’Atsinanana et l’Alaotra Mangoro, considérée comme le principal grenier à riz du pays. Ces pôles expérimenteront des techniques culturales avancées intégrant la mécanisation du repiquage et l’utilisation de moissonneuses-batteuses afin d’améliorer la productivité.
L’initiative s’appuiera également sur l’introduction de semences certifiées développées par AfricaRice, avec une validation scientifique assurée par le FOFIFA (Centre national de recherche appliquée au développement rural).
Cette démarche des autorités apparaît comme une tentative de réponse sur un marché rizicole parmi les plus importants d’Afrique. Sur la Grande Île en effet, le riz constitue l’aliment de base de la population et un pilier économique pour des millions de ménages ruraux.
La consommation par habitant se situe à environ 153,5 kg par an soit le 5e niveau le plus élevé au monde, selon le Fonds monétaire international (FMI).
Alors que, d’après l’organisation, l’offre a augmenté de 76% depuis 2002 — hissant le pays au rang de troisième producteur africain derrière le Nigeria et l’Égypte — la dynamique reste insuffisante pour rattraper le train de la demande. En effet, tandis que la population augmente à un rythme moyen d’environ 3% par an, la production rizicole ne progresse en moyenne que de 2% par an. Un écart qui entretient un déficit chronique de production, qui oblige régulièrement le pays à recourir aux marchés internationaux.
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D’après les données du Département américain de l’Agriculture (USDA), les achats de riz de Madagascar ont plus que triplé entre 2023/2024 et 2024/2025 passant de 262000 tonnes à 801 000 tonnes, faisant du pays le 10e importateur africain de la céréale.
Pendant ce temps, la récolte a quasiment stagné passant de 3,28 millions de tonnes à 3,33 millions de tonnes.
Le partenariat entre l’État malgache et Com’On Holding & Partenaire s’inscrit dans le sillage de plusieurs interventions pour doper la productivité.
Dans le pays, le gouvernement mise notamment sur l’introduction à grande échelle du riz hybride, capable d’atteindre environ 8,5 tonnes par hectare, un niveau loin du potentiel théorique de 11 tonnes/ha estimé par le FMI mais un gain significatif par rapport au rendement actuel moyen se situant autour de 2,75 tonnes par hectare.
Le projet de Loi de finances pour 2025 prévoyait ainsi l’allocation de 573 milliards d’ariarys (110 millions d'euros) pour l’acquisition de semences hybrides destinées aux producteurs.
En outre, en septembre 2024, un accord a été paraphé avec le semencier chinois Yuan’s Seed. Dans le cadre de cet accord, la partie chinoise appuiera la mise en œuvre d’un premier programme de culture de riz hybride couvrant initialement 2 000 hectares dans la commune de Betsipotika, située dans le district de Morondava.
Ce projet pilote servira de base à une montée en puissance progressive, avec l’ambition d’étendre, à terme, la culture du riz hybride à une superficie pouvant atteindre 300 000 hectares à l’échelle nationale.
Quelques mois plus tôt, en juin 2024, les autorités avaient également conclu un protocole d’accord avec la Corée du Sud afin de bénéficier du savoir-faire technique du pays asiatique, notamment en matière d’amélioration des rendements, de production de semences performantes et de renforcement des compétences des producteurs de riz.
Espoir Olodo, Agence Ecofin