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La Tribune Afrique

Télécoms : face au défi de la couverture universelle, la RD Congo opte pour le partage d’infrastructures

Photo de Muriel Edjo

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Publié le 16 février 2026 à 09:54

Le partage d'infrastructures télécoms peut permettre des réductions de coûts significatives pour les opérateurs, un avantage qui se répercute sur les consommateurs.

Le partage d'infrastructures télécoms peut permettre des réductions de coûts significatives pour les opérateurs, un avantage qui se répercute sur les consommateurs.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Au 3e trimestre 2025, le taux de pénétration global du mobile a augmenté de 3,46% en RDC, passant de 61,8% au trimestre précédent à 65,3%. Malgré cette hausse, des pans du territoire national restent mal couverts, privant plusieurs personnes des opportunités qu’offre la téléphonie mobile.

En République démocratique du Congo (RDC), 68 millions de personnes vivant en zones rurales n’ont toujours pas accès aux services de télécommunication en raison d’une absence ou d’une faible couverture réseau. Dans ce pays d’Afrique centrale qui couvre 2,345 millions de kilomètres carrés, déployer efficacement des infrastructures télécoms pour desservir toute la population sans compromettre la rentabilité représente un défi financier majeur pour les opérateurs. Face à cette équation, le Fonds de développement du service universel (FDSU) a fait un choix stratégique : la mutualisation des infrastructures. Le 12 février 2026, il a présenté sa Stratégie nationale pour la connectivité universelle 2026 - 2035.

Ouverture d'opportunités

Au cœur du dispositif se trouve un modèle baptisé « TowerCo Lead ». Son principe est de faire des sociétés spécialisées dans la propriété, la gestion et la construction d'infrastructures de télécommunications (les TowerCos) les cheffes de file du financement et du déploiement des éléments passifs — tours, énergie, backhaul (liaison) — en open access, c’est-à-dire accessibles à plusieurs opérateurs. Les opérateurs de réseaux mobiles (MNO) partageront ces infrastructures, y installant leurs équipements actifs pour fournir leurs services aux utilisateurs finaux. L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) assurera la régulation pour garantir une concurrence saine, et veillera à la qualité de service.

Le FDSU jouera quant à lui un rôle stratégique et financier : il identifiera les zones rurales enclavées ou non rentables pour les opérateurs privés, structurera les subventions nécessaires à leur couverture, et contrôlera le déploiement et la performance du réseau. Le pays sera découpé en cinq zones opérationnelles, adossées à un mécanisme de péréquation : les sites rentables contribueront à compenser partiellement les zones déficitaires. Les subventions publiques du FDSU seront attribuées par zone au consortium TowerCo-opérateurs télécoms, afin de sécuriser l’exploitation tout en réduisant la dépendance aux financements de l’État. Le déploiement est annoncé en trois phases.

Cette nouvelle approche adoptée par la RD Congo ouvre la voie à diverses opportunités, tant pour les opérateurs télécoms que pour les consommateurs et l’écosystème numérique national dans son ensemble.

Réductions des coûts et autres avantages

Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), le partage d'infrastructures peut permettre des réductions de coûts significatives. Pour les opérateurs télécoms, notamment Orange, Vodacom, Airtel et Africell qui opèrent dans le pays d’Afrique centrale, cela représente une opportunité de faire des économies. « Ericsson (2012) a estimé que les économies réalisées sur les actifs grâce au partage d'infrastructures pouvaient atteindre 40 %, et l'amélioration des flux de trésorerie aller jusqu'à 31%, selon le type de partage. Booz & Company (2012) a indiqué que le partage d'infrastructures pouvait permettre aux opérateurs d'économiser jusqu'à 30 à 40% des coûts de réseau. Coleago (2010) a calculé que les économies réalisées sur les investissements initiaux de déploiement et sur les coûts d'exploitation et de maintenance du réseau pouvaient atteindre 65% chacune grâce au partage de réseau », explique la GSMA.

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Pour les consommateurs, l’intérêt réside dans l’accélération du déploiement des réseaux, notamment la 5G, améliorant ainsi rapidement la couverture dans les zones rurales et éloignées. S’y ajoutent une meilleure qualité de service, des débits plus élevés et une fiabilité accrue. Le partage d’infrastructures favorise aussi des tarifs potentiellement plus compétitifs grâce à la réduction des coûts opérationnels pour les opérateurs. Enfin, un meilleur accès aux réseaux contribuera à réduire la fracture numérique.

La mutualisation des infrastructures télécoms voulue en RDC s’inscrit ainsi dans le cadre des efforts du gouvernement pour améliorer l’accès de tous aux services de télécommunications. Cela s’est traduit en 2023 par l’accélération de la mise en œuvre effective du FDSU créé en 2020, mais dont le fonctionnement n’a été clairement défini que deux ans plus tard, par le décret n°22/51 du 30 décembre 2022. C’est en 2025 que cette administration publique a initié des projets concrets et des partenariats stratégiques pour couvrir l’arrière-pays, notamment avec Starlink en septembre 2025. 

Muriel EDJO, Agence Ecofin

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