Notée B+ avec perspective stable depuis septembre 2025, la Guinée obtient déjà un premier relèvement de perspective de la part de Standard & Poor’s. Cette évolution intervient dans un contexte de normalisation politique, après l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’élection de Mamadi Doumbouya, sur fond de pari économique autour de Simandou.
La Guinée engrange un nouveau marqueur de crédibilité financière au moment où elle tente de transformer le potentiel de Simandou en levier durable de croissance. Standard & Poor’s a relevé la perspective associée à la note souveraine du pays, passée de « stable » à « positive », tout en confirmant la note de long terme à B+. Cette décision, annoncée le 13 mars 2026, ne constitue pas encore une hausse de note, mais elle traduit une amélioration de l’appréciation du risque guinéen.
Pour Conakry, cette évolution conforte une stratégie visant à faire de Simandou bien plus qu’un projet extractif, en le présentant comme le socle d’une transformation économique plus large. Dans un communiqué officiel, Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet du président de la République et président du Comité stratégique de Simandou, y voit « un signal important envoyé à l’ensemble de nos partenaires économiques et financiers ».
Une perspective relevée sur fond d’accélération économique
Le changement de perspective repose sur plusieurs facteurs, à savoir l’amélioration rapide de la position extérieure du pays, la progression des réserves de change, la dynamique des investissements ainsi que les effets attendus de la montée en puissance de Simandou sur la croissance, les exportations et les recettes publiques.
S&P anticipe ainsi une croissance réelle de 9,75% en moyenne sur 2026-2029, soutenue par l’entrée en production du projet minier, l’essor des capacités de raffinage et la poursuite de grands projets d’infrastructure. L’agence estime aussi que cette dynamique pourrait favoriser, à terme, une diversification progressive vers l’agro-industrie, les technologies de l’information et de la communication ainsi que certains segments manufacturiers.
La firme américaine met également en avant le renforcement des réserves de change, qui auraient triplé en un an pour atteindre 4,1 milliards de dollars à fin 2025, à la faveur notamment de l’afflux d’investissements directs étrangers et de la nouvelle dynamique minière. Ce niveau, supérieur aux anticipations initiales, offre à la Guinée un coussin plus important face à un environnement international volatil.
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La vigueur des recettes publiques fait également partie des éléments ayant soutenu cette révision de perspective. Selon les chiffres officiels, elles ont progressé de 46 % en 2025, sous l’effet conjugué de la hausse des revenus miniers et des réformes engagées dans l’administration fiscale et douanière, notamment en matière de digitalisation, de contrôle et de réduction des exonérations. Les autorités mettent aussi en avant une dette publique contenue autour de 36 % du PIB et un déficit budgétaire maîtrisé.
Le relèvement de perspective intervient quelques mois seulement après l’attribution à la Guinée de sa première notation souveraine par Standard & Poor’s en septembre 2025, avec une note B+/B assortie alors d’une perspective stable. Le passage à « positive » dès la première revue constitue donc un signal favorable pour le pays, même si l’enjeu central reste désormais une hausse effective de la note dans les prochains mois, possibilité évoquée en cas de nouvelle amélioration de la position extérieure ou d’une consolidation budgétaire plus rapide qu’attendu.
Transformer la séquence politique en stabilité économique
L’évolution de la perception du risque guinéen intervient aussi dans un contexte politique que Conakry cherche à stabiliser. L’adoption d’une nouvelle Constitution en septembre 2025, puis l’élection présidentielle de décembre 2025 remportée par Mamadi Doumbouya, ont constitué des jalons importants pour refermer la parenthèse de la transition. Le gouvernement entend désormais capitaliser sur cette nouvelle séquence institutionnelle pour ancrer les réformes, accélérer la mise en œuvre de Simandou 2040 et installer la Guinée dans une trajectoire de croissance plus lisible pour les investisseurs.