Aspen veut céder ses activités Asie-Pacifique pour 1,3 milliard €, sur fond d’endettement
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le sud-africain Aspen a enregistré une perte nette de 55 millions d’euros sur l’exercice clos en juin 2025.
DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le sud-africain Aspen a enregistré une perte nette de 55 millions d’euros sur l’exercice clos en juin 2025.
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Aspen Pharmacare, société cotée sur la bourse de Johannesburg, a annoncé avoir conclu des accords contraignants pour vendre ses activités Asie-Pacifique à la société australienne de capital-investissement BGH Capital. La valeur de la transaction est estimée à 1,3 milliard d’euros (26,4 milliards de rands).
Selon les détails publiés le 29 décembre dernier, la transaction porte sur 100% des activités du groupe en Australie, en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans plusieurs marchés d’Asie-Pacifique, dont Hong Kong, la Malaisie, Taïwan et les Philippines. Les activités en Chine sont exclues du périmètre qui comprend également les droits de propriété intellectuelle commercialisés dans la région. D’après Reuters, le portefeuille que veut céder la société représentait 18% de son chiffre d’affaires total et 26% de son résultat opérationnel courant pour l’exercice 2025.
Le groupe indique ne pas avoir engagé de processus de vente préalable, mais avoir examiné une offre non sollicitée formulée par BGH Capital. À l’issue de cette évaluation, les conseils d’administration ont travaillé sur une offre qui « multiple d’environ 11 fois la valeur d’entreprise rapportée à l’EBITDA normalisé de l’exercice 2025 ».
« Cette transaction s’inscrit dans nos objectifs stratégiques et constitue une proposition convaincante pour le groupe et ses actionnaires. Elle nous permet de libérer de la valeur au sein d’Aspen APAC, d’améliorer la flexibilité de notre bilan et de renforcer les bases nécessaires à la mise en œuvre de notre stratégie de croissance », a commenté le directeur général Stephen Saad.
Une fois l’opération finalisée, Aspen a indiqué vouloir utiliser le produit de la transaction pour réduire son endettement et optimiser sa structure financière, afin de baisser les coûts de financement et de simplifier sa base de prêteurs. Si le montant de la dette totale n’a pas été détaillé, le groupe a par exemple contracté en septembre 2024 un prêt de 500 millions d’euros auprès de la SFI, de l’allemand DEG et de l’américain DFC, pour soutenir la production et la distribution de médicaments et de vaccins en Afrique.
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La transaction annoncée intervient dans un contexte délicat pour le groupe. Aspen a enregistré une perte nette annuelle de 1,1 milliard de rands (environ 55 millions d’euros) au titre de l’exercice clos en juin 2025, après avoir affiché un bénéfice de 4,4 milliards de rands l’année précédente.
Les raisons avancées comprenaient la perte d’un contrat majeur dans la fabrication de produits à base d’ARN messager.
Pour se redresser, le groupe prévoit de recentrer son pôle industriel sur des segments jugés plus porteurs. Aspen mise sur la montée en puissance de la production d’insuline en Afrique du Sud et sur l’intégration progressive de médicaments de type GLP-1 destinés au traitement du diabète et de l’obésité, un marché en forte croissance à l’échelle mondiale. En octobre dernier, la société a d’ailleurs obtenu le feu vert des autorités sud-africaines pour commercialiser Mounjaro, médicament de l’américain Eli Lilly.
Plus récemment en novembre, la société a réaffirmé son positionnement sur le diabète, en mettant en avant le poids croissant de cette pathologie dans les systèmes de santé en Afrique du Sud et sur le continent africain. Elle a également relevé l’importance stratégique de traitements désormais reconnus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a intégré les agonistes GLP-1 à sa liste de médicaments essentiels en 2025 pour le traitement du diabète de type 2. D’après l’OMS, environ 6 % de la population mondiale (420 millions de personnes) vivent aujourd’hui avec un diabète de type 1 ou de type 2, un chiffre qui pourrait dépasser le demi-milliard d’ici 2030.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin