Mobilité urbaine : au Sénégal, la solution est Made in China

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Le gouvernement sénégalais vise 37 000 véhicules électriques sur ses routes d'ici 2030, soit environ 15 % du parc automobile national.
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Muriel EDJO, Agence Ecofin

Le gouvernement sénégalais vise 37 000 véhicules électriques sur ses routes d'ici 2030, soit environ 15 % du parc automobile national.
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Le Sénégal poursuit son plan de modernisation de la mobilité urbaine. Après les services de Train express régional (TER) et de Bus Rapid Transit (BRT) électrique de Dakar, les autorités misent désormais sur le renouvellement du parc de taxis, encore dominé par des véhicules thermiques vieillissants. Le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT) a annoncé le mercredi 13 mai, la réception, en Chine, d’un premier lot de 100 taxis électriques, qui constitue la première étape visible d’un programme plus large portant sur 1 000 unités.
Conduite par Bara Sow, administrateur du FDTT, la mission en Chine marque une phase opérationnelle dans un projet qui associe l’Etat, les opérateurs de transport et le secteur bancaire. Le programme est porté en partenariat avec la Banque pour le Commerce et l'Industrie du Sénégal (BCI-SN), avec laquelle le FDTT a signé une convention-cadre de financement en novembre 2025. Le montage financier repose sur un mécanisme de crédit adapté aux professionnels du transport.
Le FDTT a mis en place un système de garantie destiné à accompagner les opérateurs dans le renouvellement progressif de leurs outils de travail. Autrement dit, les chauffeurs de taxi n'auront pas à débourser la totalité du coût à l'achat — un point crucial dans un secteur où l'accès au financement reste un frein structurel. Le ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens indique que le coût total de possession des véhicules électriques est plus compétitif par rapport aux équivalents thermiques de l’ordre de 27 % pour les voitures et 68 % pour les deux-roues.
Pour Dakar, l’enjeu dépasse la simple acquisition de véhicules. Le gouvernement cherche à répondre à trois défis simultanés : la vétusté d’une partie du parc automobile, la dégradation de la qualité de service dans le transport urbain et la pression environnementale liée aux émissions du secteur. Les taxis électriques doivent ainsi contribuer à améliorer le confort des usagers, renforcer la sécurité et réduire progressivement l’empreinte carbone des déplacements quotidiens.
Selon le ministère, 95% des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par le secteur du transport sont issues du sous-secteur des transports routiers, dus principalement à la vétusté du parc automobile et à la qualité du carburant. Alors que le gouvernement s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 29% à horizon 2030, le ministère souligne que l’adoption des véhicules électriques y contribuera grandement.
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Ce programme s'inscrit dans une dynamique bilatérale plus large. En juin 2025, lors du Forum économique sino-sénégalais de Hangzhou en Chine, le Sénégal avait déjà signé un partenariat avec des partenaires comme China Africa investment and development (Caid), Yutong et le Groupe Zhenhuai Construction, pour la mise en place d’une unité d'assemblage industriel de bus à gaz et électriques. L'objectif annoncé était de remplacer plus de 40 000 véhicules obsolètes par 6 000 unités modernes en cinq ans.
La dynamique dépasse donc le seul projet de taxis, et c'est toute une filière de l'électromobilité qui se structure, avec une ambition d'ancrage territorial. Le gouvernement sénégalais vise 37 000 véhicules électriques sur ses routes d'ici 2030, soit environ 15% du parc automobile national. Pour y parvenir, les pouvoirs publics misent également sur le développement d'infrastructures de recharge, encore insuffisantes dans les zones périurbaines.
Muriel EDJO, Agence Ecofin