En Namibie, la bataille discrète entre majors pétrolières autour d’un actif de Galp
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Galp cherche un partenaire pour développer son gisement namibien Mopane, estimé à 10 milliards de barils équivalent pétrole.
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Galp cherche un partenaire pour développer son gisement namibien Mopane, estimé à 10 milliards de barils équivalent pétrole.
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Selon Reuters, TotalEnergies et Chevron figureraient parmi les sociétés les mieux placées pour acquérir la moitié des 80% de participation détenue par le portugais Galp dans le gisement pétrolier Mopane, situé dans le bloc PEL 83, dans la partie sud du bassin d’Orange en Namibie.
« Les négociations concernant la Namibie progressent avec une liste resserrée d’acquéreurs préférentiels étroitement alignés sur Mopane », a indiqué un porte-parole de Galp au média cette semaine, sans évoquer de noms.
Si aucune des parties prenantes citées n’a confirmé l’information, notons que TotalEnergies et Chevron possèdent déjà des projets pétroliers en Namibie. L’américain, deuxième plus grande compagnie pétrolière des États-Unis derrière ExxonMobil, détient 80 % des permis PEL 82 et PEL 90, situés dans des zones aujourd’hui au cœur de la course mondiale à l’exploration offshore. Les premiers travaux de forage effectués par l’entreprise n’ont pas encore débouché sur une découverte majeure.
Pour TotalEnergies, la présence en Namibie repose sur Venus, une découverte en eaux très profondes considérée par le groupe comme un potentiel hub de long terme. Lors d’une intervention le 4 septembre 2025, le directeur général Patrick Pouyanné a indiqué que Venus pourrait atteindre un plateau de production d’environ 150 000 barils par jour, avec une exploitation prolongée sur deux à trois décennies grâce à un schéma nécessitant la réinjection de gaz. Il a précisé que les discussions en cours avec les autorités portent sur les conditions fiscales adaptées à cette configuration.
Selon les données présentées lors du même évènement, le gisement pourrait, à terme, contribuer à la croissance des activités hydrocarbures de TotalEnergies et une progression de ses flux de trésorerie d’ici 2030. Une décision finale d’investissement est attendue sur le projet en 2026.
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Plusieurs grands groupes ont déjà été mentionnés pour cette transaction que Galp espère conclure « d’ici la fin de l’année », selon une déclaration faite lors d’un point presse à Lisbonne le 21 octobre par Nuno Bastos, un de ses administrateurs. Avant Reuters, des sources concordantes citaient parmi les entreprises approchées des noms comme Shell, Petrobras ou encore ExxonMobil.
La société portugaise a indiqué chercher un partenaire capable de co-développer le gisement. Selon des estimations publiées en avril 2024, Mopane recèlerait au moins 10 milliards de barils équivalent pétrole. Il s’agirait d’une des découvertes les plus significatives réalisées récemment en Afrique australe, bien que le potentiel exact doive encore être précisé par des travaux supplémentaires. Localisé à plus de 3 000 mètres de profondeur, le projet nécessitera des infrastructures lourdes, notamment une unité flottante de production et des installations sous-marines.
L’entreprise fonde de grands espoirs sur cet actif dans le cadre d’une stratégie assumée de poursuivre l’exploitation de gisements pétroliers. Elle a indiqué le mois dernier vouloir dans cette perspective continuer ses efforts d’exploration sur plusieurs marchés à fort potentiel, notamment en Afrique.
L’intérêt suscité par Mopane s’inscrit dans une ruée plus large vers les ressources offshore namibiennes. Depuis les premières découvertes majeures en 2022, les autorités présentent ce potentiel pétrolier comme une opportunité de transformation économique. Elles évoquent un possible doublement du PIB d’ici 2040 si les projets les plus avancés aboutissent, selon le journal Le Monde.
Parallèlement, la Namibie met en place un environnement industriel capable d’accompagner ces perspectives. Le pays a adopté une politique nationale de contenu local qui impose aux opérateurs de présenter des plans définissant l’embauche de personnel namibien et le recours à des prestataires locaux. En octobre dernier, un protocole d’accord a été signé avec l’américaine McDermott International pour développer une filière de compétences locales destinée à former la prochaine génération de professionnels du pétrole et du gaz.
Les autorités voient dans cette démarche un moyen de constituer un vivier de compétences et de réduire la dépendance à l’expertise étrangère. Le pays veut devenir producteur de pétrole d’ici 2030.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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