Internet par satellite : pourquoi la Namibie bloque l’arrivée de Starlink

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La Namibie a rejeté cette semaine la demande de licence de Starlink, le fournisseur d'Internet par satellite de SpaceX,
DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La Namibie a rejeté cette semaine la demande de licence de Starlink, le fournisseur d'Internet par satellite de SpaceX,
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La Namibie a rejeté cette semaine la demande de licence de Starlink, le fournisseur d’Internet par satellite de SpaceX, malgré les besoins importants du pays en matière de connectivité. Cette décision illustre les arbitrages auxquels sont confrontés plusieurs États africains entre ouverture aux nouvelles technologies et exigences de contrôle du secteur des télécommunications.
Dans le détail, les autorités namibiennes ont rejeté la demande de l’entreprise américaine, qui n’a satisfait que trois des six critères exigés par la réglementation.
Parmi les éléments validés figurent la capacité technique et financière de l’entreprise, ainsi que l’absence de contraintes majeures sur les fréquences et l’impact positif attendu sur la concurrence.
En revanche, trois points ont conduit au rejet du dossier. Le premier concerne la structure de propriété. La législation namibienne impose qu’au moins 51% du capital des opérateurs télécoms soient détenus par des acteurs locaux. Or, Starlink est détenue à 100% par des capitaux étrangers et n’a pas obtenu de dérogation.
Le deuxième point porte sur la sécurité nationale et la souveraineté. Le régulateur estime que ce modèle entièrement étranger soulève des questions en matière de supervision, de juridiction et de contrôle des données.
Les autorités ont également évoqué l’historique de conformité de l’entreprise. Starlink est accusée d’avoir opéré sans licence dans le pays et de ne pas avoir répondu aux sollicitations du régulateur, ce qui a été interprété comme un manquement aux règles du secteur.
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Ce refus intervient après plusieurs mois d’échanges entre l’entreprise et la Namibie. En novembre dernier, le pays a indiqué avoir reçu une demande de licence de la société américaine et lancé une consultation publique sur le dossier.
Selon les éléments communiqués à l’époque, Starlink a sollicité une autorisation pour fournir « un accès Internet haut débit par satellite en orbite basse (LEO), desservant des terminaux propriétaires (entreprises et particuliers/foyers) avec une couverture nationale », ainsi qu’une licence d’exploitation du spectre dans les bandes de fréquences comprises entre 10,7 GHz et 14,7 GHz.
Quelques mois plus tôt, la Namibie avait indiqué explorer les satellites en orbite basse comme solution alternative pour améliorer la connectivité dans les zones difficiles d’accès. « Dans des zones comme les périmètres agricoles, les terres agricoles ou encore les lodges isolés, nous parlons d’étendues qui couvrent plus d’un million d’hectares. Les réseaux terrestres ne peuvent pas desservir efficacement ces régions », expliquait Emilia Nghikembua, directrice générale du régulateur.
Besoin de connectivité et exigences de souveraineté
En Namibie, 91% de la population bénéficie d’une couverture mobile, mais celle-ci reste limitée sur le plan géographique en raison de l’immensité du territoire et de la faible densité de population.
Les réseaux terrestres peinent à couvrir certaines zones rurales, notamment agricoles ou touristiques.
Malgré ce besoin et un intérêt affiché pour les technologies satellitaires, les autorités semblent déterminées à faire respecter leur cadre réglementaire. Elles n’excluent toutefois pas une évolution du dossier.
« Tous les soumissionnaires sont invités à réviser leur dossier, à examiner les éléments ayant conduit au refus, puis à soumettre à nouveau leur candidature auprès de l’autorité, que nous serons heureux de réévaluer », a déclaré la ministre des Technologies de l’information et de la communication, Emma Theofelus.
Pour Starlink, qui a lancé ses activités commerciales en Afrique en 2023 et s’est depuis étendu à plus de vingt pays, le cas namibien illustre les contraintes réglementaires auxquelles l’entreprise est confrontée sur le continent. Au-delà de ces enjeux, la question du coût des services reste également posée, dans un contexte où le pouvoir d’achat limite encore l’accès à Internet pour une partie importante de la population.
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