FLSmidth a signé un contrat pour fournir des équipements à la future mine d’or Black Volta. Cela marque une étape clé dans la relance d’un projet récemment repris par le groupe local Engineers & Planners, et intervient alors que le Ghana cherche à maintenir la dynamique haussière de sa production aurifère.
Le fournisseur danois d’équipements et de technologies minières FLSmidth a annoncé, lundi 15 décembre, la signature d’un contrat de 31,4 millions d’euros au Ghana. Il s’est engagé auprès de la société Azumah Resources pour lui fournir des équipements nécessaires au fonctionnement de la future mine d’or Black Volta, actuellement en cours de construction.
La commande inclut des concasseurs, broyeurs et autres outils nécessaires à l’usine de traitement de la mine. Leur livraison est prévue en 2026. Le contrat comprend aussi certaines des clauses habituelles en la matière, notamment une assistance technique sur site pour le montage et l’installation des équipements, ainsi que la formation sur site et la fourniture de pièces de rechange.
Mise en service en 2027
La signature du contrat avec FLSmidth s’inscrit dans une séquence plus favorable pour le projet Black Volta. Elle permet surtout à Azumah Resources de sécuriser des équipements critiques dont les délais de fabrication peuvent atteindre un an, un point clé pour préserver le calendrier de construction de la mine, selon son directeur général Noel Addo. Initialement développé par l’australien Ibaera Capital via sa filiale locale Azumah Resources, le projet a connu ces derniers mois une phase d’incertitude liée à un différend avec son partenaire ghanéen Engineers & Planners (E&P).
Cette situation a été levée en octobre 2025, lorsque les médias locaux ont rapporté qu’E&P avait repris le contrôle de Black Volta en rachetant Azumah Resources. Cette transaction s’est appuyée sur l’intervention de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), qui a annoncé en juillet 2025 avoir approuvé un financement de 102 millions d’euros (120 millions de dollars) en faveur d’E&P. Le règlement de ce litige, combiné à l’accord signé avec FLSmidth, ouvre la voie à un développement plus serein du projet, avec une mise en service de la mine attendue en 2027.
« Nous sommes ravis de nous associer à un fournisseur leader sur le marché mondial, qui a fait ses preuves dans la fourniture d'équipements et d'assistance essentiels à des projets de traitement de l'or dans le monde entier », a déclaré un porte-parole d’Azumah.
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Croissance de la production ghanéenne d’or
Depuis la reprise du projet, E&P n’a pas communiqué sur le montant de l’investissement nécessaire à la construction de la mine ni sur les niveaux de production attendus. Mais selon une étude de faisabilité publiée en 2021 par Ibaera Capital, Black Volta peut livrer en moyenne 163 000 onces d’or sur les cinq premières années d’exploitation ou 148 000 onces en moyenne sur les neuf premières années.
Sur la base de ces estimations, Black Volta pourrait représenter à elle seule plus de 3 % de la production aurifère du Ghana, qui a atteint 4,8 millions d’onces (149 tonnes) en 2024. La mise en service de la mine contribuerait ainsi à soutenir la dynamique du secteur aurifère ghanéen. Selon la Chambre des Mines du pays, la production d’or a progressé de 19 % en glissement annuel en 2024, après une hausse de 8,3% en 2023.
Cette croissance a permis au Ghana de dépasser dès 2018 l’Afrique du Sud, longtemps premier producteur d’or du continent. Pour autant, peu de nouvelles mines d’or sont entrées en production au Ghana ces dernières années. La mine d’or Namdini, pouvant livrer plus de 350 000 onces par an, est ainsi devenue en 2024 la première exploitation aurifère d’envergure à entrer en production en plus d’une décennie. Elle a été rejointe cette année par la mine d’or Ahafo North de l’américain Newmont.
Pour s’inscrire dans cette tendance, qui intervient en pleine hausse des cours de l’or, E&P et sa filiale Azumah devront toutefois s’assurer de disposer des financements nécessaires pour mener Black Volta à son terme. « Une cession à E&P, qui n’a pas démontré sa capacité à financer l’ensemble du développement de la mine d’or Black Volta, ne servirait en rien l’intérêt national du Ghana. Même si E&P parvenait à réunir les fonds nécessaires à l’acquisition du projet, elle a déjà démontré au fil des années qu'elle ne dispose pas de ressources suffisantes pour assurer son développement », estimait encore en juillet dernier Rob Cicchini, alors directeur de projet chez Azumah.