Or : le Mali peut augmenter sa production de 26 tonnes grâce à un nouveau projet de 187 millions d'euros

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

La mine dor Kandiolé au Mali vise 834 858 onces en 13 ans.
Photo DR

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

La mine dor Kandiolé au Mali vise 834 858 onces en 13 ans.
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La compagnie minière canadienne Roscan Gold franchit une nouvelle étape dans le développement de son projet aurifère Kandiolé, au Mali. Dans une évaluation économique préliminaire (PEA) publiée le lundi 2 mars, l’entreprise indique qu’un investissement initial de 218,7 millions de dollars soit plus de 187 millions d'euros serait nécessaire pour construire une nouvelle mine sur ce site situé dans le sud-ouest du pays.
Selon cette étude, le projet pourrait produire 834 858 onces d’or sur une durée de vie estimée à 13 ans, avec une production annuelle moyenne de 92 786 onces au cours des quatre premières années d’exploitation.
Les indicateurs économiques présentés par la société suggèrent une rentabilité élevée. Sur la base d’un prix consensuel de l’or fixé à 3 100 dollars l’once, le projet affiche une valeur actuelle nette (VAN) après impôts de 498 millions de dollars et un taux de rendement interne (TRI) de 43%. L’investissement initial pourrait être récupéré moins de trois ans après le démarrage de la production, soit environ 2,8 ans selon les projections.
Pour Roscan Gold, la publication de cette évaluation constitue une étape déterminante dans le développement de Kandiolé. L’entreprise prévoit désormais de poursuivre les travaux techniques nécessaires pour faire progresser le projet vers une décision d’investissement, notamment à travers l’obtention d’un permis d’exploitation et l’ouverture de discussions en vue de mobiliser les financements nécessaires à la construction de la mine.
Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs étapes restent à franchir avant un éventuel démarrage des travaux. La PEA repose en effet sur des ressources minérales, qui devront encore être converties en réserves exploitables afin de confirmer la viabilité technique et économique du projet. Dans l’industrie minière, cette étape est généralement validée par la réalisation d’une étude de faisabilité bancable (DFS), qui constitue une référence pour les investisseurs et institutions financières appelés à soutenir le financement des projets.
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Roscan estime toutefois que le potentiel de Kandiolé pourrait être plus important que celui actuellement envisagé. Pour Nana Sangmuah, président de la société, la base minérale exploitée dans le scénario actuel ne reflète qu’une partie du potentiel du site.
« La majeure partie du minerai destiné à l’usine [de la future mine, NDLR] provient de seulement trois des six gisements inclus dans l’estimation des ressources, ce qui souligne un potentiel de croissance important grâce à des forages supplémentaires », indique-t-il. Et d’ajouter : « Cette PEA constitue la première d’une série d’étapes clés attendues cette année alors que nous amorçons notre transition vers le statut de développeur minier […] Les travaux de référence environnementale ainsi que les études d’ingénierie sont déjà en cours afin de soutenir une progression rapide du projet ».
Au-delà de l’entreprise, le développement de nouveaux projets miniers revêt une importance particulière pour le Mali, dont l’économie reste fortement dépendante de l’or.
Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le secteur extractif malien, dominé par le métal précieux, a représenté 76,5 % des exportations et 9,2 % du PIB en 2022, soulignant son rôle clé dans les finances publiques et les recettes en devises du pays.
Les autorités maliennes cherchent depuis plusieurs années à accroître les retombées économiques du secteur, notamment à travers une réforme du cadre réglementaire. Cette stratégie s’est traduite par l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023, visant à renforcer la participation de l’État et à améliorer la redistribution des revenus générés par l’exploitation des ressources. Cependant, ces réformes ont également entraîné des tensions avec des partenaires historiques, notamment le canadien Barrick Mining, qui exploite la mine d’or de Loulo-Gounkoto, la plus grande du Mali. Ces tensions ont eu un impact sur la production aurifère du pays en 2025.
Selon des données provisoires du ministère malien des Mines, la production industrielle d’or du pays a reculé de 22,9 % l’an dernier, pour s’établir à 42,2 tonnes. À titre de comparaison, les volumes industriels déclarés totalisaient 54,8 tonnes en 2024, alors qu’un an plus tôt ils avaient atteint un pic de 66,48 tonnes. Notons qu’outre Kandiolé, d’autres projets aurifères sont prévus dans le pays, notamment celui de Kobada, porté par la société canadienne Toubani Resources. Il prévoit par exemple la construction d’une mine capable de produire environ 162 000 onces d’or par an sur une durée estimée à 9,2 ans.
Si les différentes étapes techniques et financières sont franchies, ces projets pourraient ainsi contribuer à renouveler progressivement le portefeuille de mines aurifères du Mali, dans un contexte où la hausse des prix de l’or renforce l’attractivité économique des nouveaux projets miniers. Selon Morgan Stanley, le cours du métal jaune pourrait atteindre 4 800 dollars l’once d’ici fin 2026, soutenu par les perspectives de baisse des taux d’intérêt, la demande des banques centrales et son rôle de valeur refuge.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin