Canal+ devient la première entreprise française cotée à la Bourse de Johannesburg

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Cérémonie de cotation de Canal+ à la Bourse de Johannesburg (JSE).
Photo DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Cérémonie de cotation de Canal+ à la Bourse de Johannesburg (JSE).
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Canal+ est devenu le 3 juin la première entreprise française à être cotée à la Bourse de Johannesburg (JSE), et la seule entreprise mondiale de médias et de divertissement présente sur cette place boursière sud-africaine. Cette cotation secondaire, qui intervient dix-huit mois après son introduction à la Bourse de Londres, constitue une nouvelle étape dans le développement du groupe en Afrique.
En annonçant l’arrivée de Canal+ sur son marché principal, la Bourse de Johannesburg a mis en avant les récentes réformes réglementaires ayant permis d’accélérer le processus de cotation secondaire, sans remettre en cause la présence du groupe à la Bourse de Londres. Elle a indiqué que cette admission porte le nombre total d’entreprises cotées au JSE à 263, pour une capitalisation boursière cumulée dépassant 25 200 milliards de rands (environ 1 300 milliards d’euros).
« L’introduction en bourse de Canal+ constitue une étape importante, non seulement pour l’entreprise, mais aussi pour l’internationalisation continue des marchés de capitaux africains. Elle reflète l’interconnexion croissante entre les marchés africains et internationaux et confirme le rôle du JSE comme plateforme permettant aux entreprises et investisseurs internationaux de participer à la croissance de long terme du continent », a déclaré Valdene Reddy, directrice générale du JSE.
Pour Canal+, cette opération s’inscrit dans une logique de double ancrage entre l’Europe et l’Afrique. Le groupe revendique aujourd’hui plus de 40 millions d’abonnés dans le monde, dont 23 millions en Afrique répartis dans plus de 40 pays. « L’Afrique sera notre principal moteur de croissance dans les années à venir. Nous sommes déterminés à créer de la valeur sur le continent et à la partager avec nos partenaires africains, nos investisseurs et les acteurs de la création », a déclaré le président du directoire de Canal+ Maxime Saada.
Cette introduction à Johannesburg s’inscrit dans le prolongement direct du rachat de MultiChoice finalisé en octobre 2025. À travers cette opération de près de 2 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros), Canal+ a pris le contrôle du principal opérateur de télévision payante d’Afrique anglophone et lusophone. MultiChoice exploitait notamment les plateformes DStv, GOtv et Showmax.
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L’acquisition a permis au groupe français d’étendre son empreinte au-delà de ses marchés historiques d’Afrique francophone. Elle lui a également offert l’accès à une base de plusieurs millions d’abonnés supplémentaires ainsi qu’à un portefeuille de contenus locaux et de droits sportifs particulièrement attractifs.
Lors de l’annonce du rachat, le groupe français présentait déjà l’Afrique comme le socle stratégique de son développement futur. La cotation à Johannesburg apparaît aujourd’hui comme l’une des conséquences logiques de cette stratégie d’expansion.
Si le rachat a renforcé la présence du groupe sur le continent, plusieurs questions demeurent quant à la manière dont celui-ci entend désormais organiser ses activités africaines. L'un des principaux points d’attention concerne les prochains choix que Canal+ effectuera à la suite du rachat de MultiChoice. Les premiers arbitrages ont déjà commencé. En mars 2026, le groupe a annoncé l'arrêt de Showmax, la plateforme de streaming de sa filiale sud-africaine, à l'issue d'un examen stratégique de ses activités numériques en Afrique. Cette décision a été présentée comme un moyen de concentrer les investissements sur les segments jugés les plus porteurs et de rationaliser certaines activités.
En outre, la société française devra évoluer dans un environnement fortement concurrentiel. Les plateformes mondiales comme Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+ continuent d'investir dans les contenus et disposent de moyens financiers considérables. Sur le continent africain, le groupe doit également composer avec des acteurs bien implantés comme StarTimes ainsi qu'avec les contraintes propres au marché, notamment le pouvoir d'achat limité des ménages, les coûts élevés des contenus premium et la fragmentation des marchés nationaux.
Les prochains mois permettront d'observer plus concrètement comment Canal+ transformera l'acquisition de MultiChoice en levier de croissance sur un marché africain des médias et du divertissement en pleine évolution.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin