Bonifiche Ferraresi, l’agro-industriel italien qui tisse sa toile en Afrique

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Le 25 septembre 2025, le groupe agro-industriel italien Bonifiche Ferraresi signait une convention d’investissement de 134 millions d’euros avec la Côte d’Ivoire. L’entente prévoit l’installation et le développement d’une ferme pilote sur 10 000 hectares à Tagadi, localité du nord-est du pays.
Selon les autorités ivoiriennes, l’initiative devrait contribuer à accroitre la production agricole locale, notamment des cultures de base comme l’igname, le maïs, le mil, le riz, ainsi que des denrées maraîchères comme le piment et l’aubergine. Ce projet est le dernier en date d’une série qui suggère une volonté du groupe de bâtir et de consolider dans la durée une présence dans le paysage agricole africain.
Une dynamique amorcée en Algérie
Si le marché agro-alimentaire africain est depuis plusieurs décennies déjà occupé par plusieurs multinationales américaines et européennes, c’est en 2024 que BF matérialise véritablement ses ambitions sur le continent, en commençant par un voisin de la Botte italienne dans le bassin méditerranéen : l’Algérie.
Dans ce pays, second importateur africain de produits agricoles derrière l’Égypte, il a signé l’année dernière en juillet un accord pour injecter 420 millions d’euros dans un projet intégré de production de céréales, de légumineuses et de pâtes alimentaires. L’investissement ciblant 36 000 hectares dans la wilaya de Timimoun en plein Sahara, sera déployé dans le cadre d’une joint-venture entre Bonifiche Ferraresi (51%) et le Fonds national d'investissement algérien (49%).
Parmi les cultures visées figurent le blé, les lentilles, les haricots secs et les pois chiches qui font partie de l’alimentation de base des ménages algériens. L'initiative, qui inclut aussi la construction d’unités de transformation pour la fabrication de pâtes alimentaires et de silos de stockage, devrait générer 6 700 emplois. Depuis l’annonce de cet investissement dans le pays nord-africain, la cadence s’est accélérée pour la compagnie qui met un accent particulier sur les partenariats public-privé (PPP).
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En août 2024, elle a ainsi lancé un investissement de 90 millions d’euros à Aveyime-Battor, dans la région de la Volta au Ghana. Le plan est de consacrer 5 000 hectares à des denrées de base comme le riz, le maïs, le soja, les tomates, la banane et le blé, extensibles à 25 000 hectares sur le long terme.
Toujours dans la sous-région ouest-africaine, la compagnie a signé en janvier 2025 un protocole d’accord avec le ministère sénégalais de l’Agriculture pour l’aménagement et l’exploitation de plus de 10 000 hectares de terres agricoles à Sédhiou en Casamance, projet d’un coût global de 134 millions d’euros. 3 mois plus tard, elle s’est étendue à l’Afrique centrale, signant début avril un accord en République du Congo pour un nouvel investissement agro-industriel sur 10 000 hectares à Dolisie.
Plus récemment en mai, l’entreprise a bénéficié à nouveau en Algérie d’une concession agricole de 30 000 hectares dans le cadre d’un projet d’élevage de bovins et de développement d’une chaîne de production complète couvrant la viande, le lait et le fourrage pour l’alimentation du bétail.
L’atout agricole du Plan Mattei
Avec désormais 5 pays africains où elle développe des initiatives, Bonifiche Ferraresi s’inscrit dans le plan Mattei, un programme de « partenariat stratégique » avec les pays africains adopté par le gouvernement italien en janvier 2024. Cette feuille de route globale comprend l’« Action pour le Renforcement des Écosystèmes Agroalimentaires en Afrique » (AREA), une initiative cofinancée par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et qui positionne la compagnie comme principal acteur privé.
Face à un secteur agricole africain confronté à plusieurs défis, dont une consommation alimentaire croissante liée à la hausse démographique, Bonifiche Ferraresi compte bien promouvoir le savoir-faire de l’Italie dans les technologies et les équipements agroalimentaires. Cette dernière, qui est le 4e pays agricole de l’Union européenne après la France, l’Allemagne et l’Espagne, compte le plus grand nombre d’entreprises agroalimentaires de l’UE selon les données de la Direction générale du Trésor français.
L’objectif affiché par Bonifiche Ferraresi est de contribuer à l’accroissement de la production agricole de produits de base en Afrique, en tirant profit des potentialités locales pour réduire les importations. Dans la région, les achats de produits alimentaires ont atteint 97 milliards USD sur la période 2021-2023 selon les données de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement).