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Mauritanie : la France accorde un prêt de 39 millions d'euros pour l’électrification

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 05 décembre 2025 à 08:25

La Mauritanie veut porter la part des énergies renouvelables à 70 % de son mix de production d’ici 2030.

La Mauritanie veut porter la part des énergies renouvelables à 70 % de son mix de production d’ici 2030.

DR

Le Quotidien Numérique

24 juin 2026

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En Mauritanie comme dans plusieurs pays africains, l’accès à une énergie fiable et peu chère est un défi majeur. Face à l’ampleur de la demande domestique et industrielle, les initiatives se multiplient pour augmenter les capacités notamment dans le renouvelable.

Le 25 novembre dernier, la France et la Mauritanie ont paraphé un accord de prêt concessionnel de 39,2 millions d’euros. La convention a été signée par Abdallahi Ould Cheikh Sidiya, le ministre des Affaires économiques et du Développement et Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité.

Dans les détails, l’enveloppe servira à financer un projet de construction de 10 centrales solaires dotées d’unités de stockage par batteries. Si la puissance visée et les lieux d’installation n’ont pas été précisés, ce soutien financier est un nouveau coup de pouce pour le développement du segment des énergies renouvelables.

Le pays reste en effet encore dépendant actuellement de l’énergie thermique (66% de la consommation totale d’énergie), selon la Banque africaine de développement (BAD), en dépit d’un gisement solaire abondant et de vastes ressources éoliennes. Le potentiel photovoltaïque solaire est estimé à 2000-2300 kWh par mètre carré par an et la vitesse moyenne des vents y atteint généralement 9 à 11 mètres par seconde (m/s), notamment dans la région de Nouadhibou.

Pour mieux tirer parti de ces opportunités, les autorités comptent accroître la part des énergies renouvelables à 70% du mix de production d’ici 2030 contre environ 44 % en 2023, en s’appuyant notamment sur le secteur privé.

L’une des principales avancées de cette ambition est la signature, en septembre dernier, d’un accord de 257 millions d’euros (300 millions USD) avec Iwa Green Energy pour développer une centrale hybride solaire-éolienne de 60 MW. Le projet, qui doit entrer en service en septembre 2026, sera doté d’un système de stockage d’énergie de 370 MWh.

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L’infrastructure sera exploitée pendant 15 ans dans le cadre d’un partenariat public-privé incluant un contrat d’achat d’électricité signé avec la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).

Atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030

Ce tout premier contrat de production d’électricité indépendant devrait porter la capacité installée de la Mauritanie à environ 450 MW, d’ici l’année prochaine, et servir globalement le Pacte national de l’énergie, publié en décembre 2024 par les autorités.

Cette feuille de route ambitionne de transformer le paysage énergétique dans le pays ouest-africain et d’accélérer l’accès à une énergie fiable et abordable pour les populations d’ici 2030. Concrètement, elle prévoit de fournir l'accès à l'électricité à 3,4 millions de personnes supplémentaires d'ici 2030, faisant passer le taux d'accès national à 100% contre 55 % actuellement et de permettre à 480 000 ménages supplémentaires d’accéder à des solutions de cuisson propre.

Sur le plan réglementaire, le gouvernement prévoit de créer un cadre plus attractif pour mobiliser 2,1 milliards d’euros (2,45 milliards de dollars), dont 1,02 milliard d’euros (1,2 milliard de dollars) provenant du secteur privé. Ces investissements cibleront la production, le transport et la distribution d’énergie, ainsi que les solutions d’énergies renouvelables décentralisées (ERD) et de cuisson propre. Un des objectifs majeurs de cette feuille de route est d’améliorer la couverture en zones rurales afin de réduire les fortes disparités d’accès aux services essentiels par rapport aux zones urbaines.

En effet si 55% de la population mauritanienne a accès à l’électricité au niveau national, ce taux chute à 6 % en milieu rural, contre environ 91 % dans les villes. D’après les données de la BAD datant de 2023, en milieu rural, le prix du kWh dans les localités peut atteindre 4 à 5 fois le tarif social de la SOMELEC pour un service de 16 heures par jour.   

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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