Or : Caledonia Minings et Victor Gapare en quête de 255 millions d’euros

Idriss Linge, Agence Ecofin.

Le projet Bilboes, au Zimbabwe, vise à terme une production de 200 000 onces par an.
NewZWire

Idriss Linge, Agence Ecofin.

Le projet Bilboes, au Zimbabwe, vise à terme une production de 200 000 onces par an.
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S'il n’est pas une figure connue des personnes fortunées les plus célèbres d'Afrique, l’homme d’affaires zimbabwéen Victor Robinson Gapare est en train de redessiner les flux de capitaux entre New York, ou encore Londres, et son pays, le Zimbabwe. À la tête de Caledonia Mining Corporation Plc, une entité cotée sur le NYSE American, l’AIM de Londres et le Victoria Falls Stock Exchange, il pilote actuellement une stratégie de financement mondiale de 300 millions de dollars (255,4 millions d’euros).
Avec une capitalisation boursière d'environ 525 millions d'euros, l'entreprise vise à faire du projet Bilboes le fer de lance de la production aurifère nationale. Le premier volet de ce plan a été scellé le 20 janvier dernier, avec la clôture d'une émission d'obligations senior convertibles de 150 millions de dollars, arrivant à échéance en 2033.
Initialement prévue à 100 millions, l'offre a été portée à 150 millions après l'exercice intégral de l'option de surallocation par les placeurs. Avec un coupon de 5,875%, cette levée de fonds témoigne d'un intérêt réel pour le titre, bien que la société n'ait pas publié de statistiques officielles sur le carnet d'ordres. Ces obligations intègrent des mécanismes techniques précis, notamment un prix de conversion fixé à environ 40,51 dollars et des options d'achat plafonnées à 56,72 dollars, afin de protéger les actionnaires actuels contre une dilution excessive. En parallèle, un second pilier de 150 millions de dollars est en cours de structuration sous la forme d'une facilité bancaire auprès d'un consortium d'institutions zimbabwéennes et sud-africaines. La finalisation de ce crédit, espérée pour la mi-2026, devrait s'appuyer sur les flux de trésorerie robustes de la mine Blanket, qui produit actuellement environ 75 000 onces d'or par an.
Le cœur de la stratégie de croissance repose sur l'étude de faisabilité du projet Bilboes, dont le coût total de développement est estimé à 583,7 millions de dollars. Ce gisement a le potentiel de propulser Caledonia au rang de producteur majeur, avec une cible de 200 000 onces (6,2 tonnes) par an. Cependant, la réussite de ce saut industriel dépend du procédé BIOX, une technologie d'oxydation biologique nécessaire pour traiter les minerais réfractaires où l'or est chimiquement emprisonné. Bien que cette méthode soit éprouvée, son exécution au Zimbabwe requiert une maîtrise rigoureuse des infrastructures énergétiques et hydrauliques.
Ce projet est indissociable du parcours de Victor Gapare, ancien cadre d'Anglo American, qui détient aujourd'hui environ 12,7% du capital via Toziyana Resources. Son engagement personnel, marqué par des achats massifs d'actions sur le marché tout au long de l'année 2025, rassure des investisseurs institutionnels de premier plan. Au 19 janvier, BlackRock affichait ainsi une exposition de 6,2%, aux côtés de fonds tels que VanEck et Invesco. Cette dynamique est enfin soutenue par une normalisation du cadre macroéconomique local. Le gouvernement a récemment clarifié sa politique de redevances minières, fixant le taux à 10 % uniquement si le prix de l'or franchit le seuil de 5000 dollars l'once. Couplé à une inflation ramenée à 15 % fin 2025, ce pragmatisme réduit la prime de risque perçue par les marchés internationaux. Si les fondations financières sont désormais posées, l'attention se porte sur la capacité de l'entreprise à respecter son calendrier industriel en vue d’une première production majeure attendue à l'horizon 2029.
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Idriss Linge, Agence Ecofin.