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Au Ghana, les grandes espérances et les défis de l’arboriculture

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 19 février 2026 à 08:50

En 2024, les exportations ghanéennes de noix de cajou brutes et de karité ont rapporté respectivement 203 et 224,7 millions €.

En 2024, les exportations ghanéennes de noix de cajou brutes et de karité ont rapporté respectivement 203 et 224,7 millions €.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Au Ghana, les cultures arboricoles occupent près du quart des superficies cultivées. Le pays ouest-africain cherche à attirer des investissements pour augmenter les recettes générées par ce secteur.

Au Ghana, l’arboriculture est sous le feu des projecteurs à la faveur du Sommet sur l’investissement dans les cultures pérennes (GTCIS) qui se tient du 17 au 20 février. L’évènement placé sous le thème « Croissance durable grâce aux investissements dans les cultures pérennes : réinitialiser et bâtir l’économie verte du Ghana » veut mettre l’anacarde, le palmier à huile, l’hévéa, la noix de coco, le karité et la mangue à l’honneur.

506 millions d'euros d’objectifs d’investissements

Pour ce rendez-vous qui est le tout premier du genre organisé dans le pays d’Afrique de l’Ouest, la barre a été placée haut. L’objectif est de rassembler plus de 6 000 participants et surtout d’attirer 600 millions USD (environ 506,1 millions d’euros) d’annonces d’investissements pour les 6 cultures ciblées. Si l’ambition financière est d’envergure, du côté de l’Autorité pour le développement des cultures arboricoles (TCDA), on estime que le jeu en vaut la chandelle. « Le secteur des cultures pérennes du Ghana représente l’une de nos opportunités les plus prometteuses pour une croissance économique inclusive et une transformation industrielle », affirme Andy Osei Okrah, le Directeur général de l’organisme public.

Plus concrètement, en août 2025, le responsable estimait que chacune de ces filières pourrait générer jusqu’à 2 milliards USD (environ 1,7 milliard d’euros) de recettes d’exportation par an d’ici 2030, à condition de mobiliser des investissements suffisants, de renforcer les capacités de transformation et de structurer efficacement les systèmes de marché. Dans le cadre des efforts pour relancer le secteur arboricole, plusieurs initiatives ont été lancées ou sont en cours de développement.

En janvier dernier, le président John Dramani Mahama a lancé à Wa, dans la région du HautGhana occidental, la construction d’un pôle industriel entièrement dédié au karité. La filière palmier à huile bénéficie elle aussi d’un regain d’attention, avec une Politique nationale de développement intégré sur la période 2026 2032. Le secteur privé devrait ainsi profiter d’une facilité de financement de 500 millions USD (environ 475,5 millions d’euros) qui offrira des prêts à long terme, ainsi qu’un moratoire de 5 ans sur les remboursements et des taux d’intérêt concessionnels.

Des ambitions à l’ombre du cacao

Dans les rangs du TCDA, on espère séduire des investisseurs institutionnels, des institutions de financement du développement, des acteurs agro-industriels, ainsi que des partenaires commerciaux venus d’Afrique et d’autres régions du monde, pour nouer des partenariats et sécuriser les engagements financiers nécessaires au développement des filières. Mais selon plusieurs analystes, il faudra encore du temps pour impulser une dynamique dans un contexte où les filières ciblées restent encore éclipsées par le cacao.

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Dans un rapport publié en avril 2023, les autorités indiquent que si les cultures arboricoles comptent pour environ 85% des exportations agricoles du Ghana, l’or brun pèse à lui seul pour 70% de cette contribution. En outre, pendant que les exportations de cacao et produits dérivés ont généré plus de 27 milliards de cédis en 2024 (environ 2,07 milliards d’euros), celles de noix de cajou brutes et de karité ont rapporté respectivement 2,65 (environ 203 millions d’euros) et 2,93 milliards de cédis (environ 224,7 millions d’euros) selon les données du Service statistiques du Ghana (GSS).

Cet écart illustre l’ampleur des réformes publiques à entreprendre aussi bien au niveau de la production que de la transformation au niveau de ces filières clés, pour leur permettre de monter en gamme et de contribuer pleinement à la performance de l’agriculture ghanéenne.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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