Libye : le dernier cycle de licences pétrolières confirme l’amélioration du climat d’investissement
Olivier de Souza, Agence Ecofin

La NOC attribue 5 des 20 blocs ouverts lors du dernier cycle de licences en Libye.
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La NOC attribue 5 des 20 blocs ouverts lors du dernier cycle de licences en Libye.
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La Libye, qui possède les plus vastes réserves pétrolières d’Afrique, vient d’attribuer des blocs d’exploration pétrolière et gazière à plusieurs compagnies internationales dans son premier cycle de licences depuis 2007.
Parmi les attributions, Chevron obtient la licence Sirte S4. L’Italien Eni et QatarEnergy ont constitué un consortium pour exploiter la zone offshore 01, consolidant un partenariat déjà déployé à l’échelle de la Méditerranée. Un autre consortium, réunissant l’Espagnol Repsol, le Hongrois MOL et la compagnie publique turque TPOC, a été retenu pour la zone offshore 07, tandis que l’indépendant nigérian Aiteo décroche le bloc Murzuq M1. Ces concessions couvrent des zones stratégiques dans les bassins onshore de Syrte et de Murzuq, le premier constituant le moteur principal de la production nationale, ainsi que plusieurs blocs en mer Méditerranée.
La National Oil Corporation (NOC), société publique libyenne, précise que 5 blocs sur 20 ont été attribués. Certaines zones n’ont pas trouvé preneur en raison de divergences sur les engagements de forage et les niveaux de participation. Ces résultats devraient permettre d’ajuster les termes contractuels pour les rapprocher des standards internationaux, tandis que des négociations sont prévues pour les blocs restés vacants.
Ce cycle intervient dans un contexte d’accalmie sécuritaire relative. Après plus d’une décennie de conflits et d’arrêts de production, la stabilisation progressive de plusieurs zones pétrolières et la reprise des exportations rendent l’environnement plus prévisible pour les compagnies internationales.
Le retour de Chevron, Eni, QatarEnergy et Repsol dans l’exploration libyenne témoigne de l’intérêt du secteur. Repsol a précisé à Reuters que la Libye restait une priorité dans son portefeuille, en raison de son potentiel d’investissement.
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Cette dynamique s’accompagne du retour progressif de majors américaines. ConocoPhillips a récemment signé un accord de développement du champ de Waha, estimé à plus de 20 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros), tandis que Halliburton et SLB ont repris leurs opérations en mobilisant équipements et personnel. Les acteurs du secteur soulignent une amélioration de l’environnement des affaires, notamment en matière de paiements et de prévisibilité contractuelle. Le cycle de licences contribue ainsi à renforcer la confiance dans la phase de reconstruction.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye était perçue comme trop instable pour des engagements de long terme. Le pays reste politiquement divisé et les différends autour des revenus pétroliers ont souvent provoqué des interruptions de production.
Ce cycle s’inscrit dans une dynamique plus large de relance du secteur. Après des années de fluctuations importantes, la production actuelle atteint environ 1,4 million de barils par jour, avec un objectif de 1,6 million d’ici fin 2026 et 2 millions à moyen terme.
Le pays ambitionne également de porter sa production gazière à environ un milliard de pieds cubes par jour d’ici cinq ans, en orientant une partie de ces volumes vers l’Europe à l’horizon 2030. Le brut libyen, léger et peu coûteux, retrouve un rôle stratégique pour l’Europe dans le cadre de la diversification des approvisionnements, après la réduction des importations russes liée à la guerre en Ukraine. Sa qualité facilite son raffinage pour différents marchés européens, renforçant l’intérêt économique des projets libyens.
Dans ce contexte, la NOC a introduit un modèle contractuel présenté comme plus attractif pour les investisseurs internationaux, visant à relancer l’exploration et sécuriser des engagements à long terme. Les autorités misent sur le faible coût du brut et sur un potentiel géologique encore important pour attirer de nouveaux capitaux dans l’amont pétrolier.
Malgré ces avancées, la fragilité politique demeure un facteur limitant. La coexistence de deux gouvernements et les tensions institutionnelles continuent de peser sur la visibilité à long terme. La stabilité reste la condition centrale pour sécuriser durablement les investissements et transformer cette reprise en dynamique structurelle.
Olivier de Souza, Agence Ecofin
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