Cameroun : un consortium européen s’intéresse au projet d’usine de bitume de Kribi

L’usine à construire devrait afficher une capacité de production annuelle de 250 000 tonnes de bitume.
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L’usine à construire devrait afficher une capacité de production annuelle de 250 000 tonnes de bitume.
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Le projet d’usine de production de bitume porté par All Bitumen PLC à Kribi au Cameroun franchit une nouvelle étape, avec l’entrée en scène d’un consortium européen positionné sur les études techniques résiduelles. La société à capitaux camerounais a confié ces travaux à un groupement de quatre entreprises européennes, au terme d’un processus qui a vu ce consortium être préféré à une offre concurrente d’origine chinoise, conduite par Zhihui Engineering Co LTD.
Selon Investir au Cameroun, le consortium comprend le groupe Pörner, entreprise autrichienne d’ingénierie et de construction de plants industriels spécialisée dans la conception, la construction et la modernisation d’installations pour plusieurs industries de procédés, le Turc Yamata, actif dans la construction et le développement immobilier, et EDL, une entreprise allemande d’ingénierie et de construction d’installations industrielles. À eux s’ajoute le Français Parlym, positionné sur l’ingénierie industrielle, notamment dans le secteur de l’énergie.
Les études techniques, qui portent notamment sur les investigations géotechniques et les plans de terrassement, constituent une phase préparatoire déterminante avant le lancement effectif des travaux. D’après le directeur général d’All Bitumen PLC, Ahmadou Oumarou, le contrat signé intègre une option ouvrant la voie à une implication plus large du consortium dans la construction de l’usine, sous réserve que les coûts proposés soient validés par les analystes financiers de l’entreprise. À défaut d’un accord sur la facture globale, la société se réserve la possibilité de solliciter un autre constructeur.
Dans l’hypothèse où cette option serait levée, la répartition des rôles envisagée prévoit que Pöerner et EDL assureraient les prestations d’ingénierie, Yamata, la construction de l’unité industrielle, tandis que Parlym prendrait en charge les pipelines ainsi que les réservoirs et équipements de stockage. À ce stade toutefois, l’implication du consortium demeure cantonnée aux études, aucune confirmation officielle n’ayant encore été donnée quant à sa participation aux travaux de construction.
Initialement annoncés pour la fin de l’année 2025, les travaux sur le site de 60 hectares situé dans la zone industrialo-portuaire de Kribi devraient désormais démarrer en 2026. Une délégation de partenaires, comprenant notamment des dirigeants de Pöerner et de Yamata, est arrivée au Cameroun le 11 janvier pour une semaine d’activités, avec une visite du site prévue le 14 janvier. Les opérations de défrichage y sont déjà achevées, ouvrant la voie aux travaux de terrassement.
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Pour accompagner cette phase, l’État aurait prévu une enveloppe de 2 milliards de FCFA soit environ 3 millions d'euros, inscrite dans la loi de finances 2026 et allouée au Port autonome de Kribi, en charge de l’aménagement des espaces industriels portuaires destinés aux investisseurs. Le même texte budgétaire prévoit également des exonérations de droits et taxes sur les équipements nécessaires à la construction de l’usine, ainsi que sur les intrants de production. Une mesure saluée par la direction d’All Bitumen PLC, qui indique avoir été associée à l’élaboration de la liste des biens concernés et attendre sa validation formelle par le ministère des Finances.
À terme, l’usine de Kribi devrait afficher une capacité de production annuelle de 250 000 tonnes de bitume, adossée à une mini-raffinerie de 10 000 barils par jour destinée à fournir la matière première. Le coût global du projet est estimé à 245 millions d'euros. Les promoteurs tablent sur la création de 300 à 400 emplois directs, ainsi que d’environ 1 500 emplois indirects.
Sur le plan financier, All Bitumen PLC s’appuie sur un mandat d’arrangeur confié à Afreximbank, signé fin 2024. Cette institution est appelée à participer directement au financement du projet et à mobiliser d’autres partenaires. Selon Ahmadou Oumarou, le consortium européen retenu doit livrer, dans un délai de neuf semaines, une estimation détaillée des coûts, étape jugée décisive avant le déploiement effectif des financements.
L’intérêt des autorités camerounaises pour ce projet s’explique par ses retombées attendues sur les coûts des infrastructures routières. Des experts du secteur estiment qu’une production locale de bitume pourrait permettre de réduire d’environ 30 % les coûts de construction des routes dans le pays. L’État prévoit d’ailleurs de prendre au moins 15 % de participation dans le capital du projet, qui s’inscrit dans une stratégie visant à porter le réseau national de routes bitumées à 11 300 kilomètres à l’horizon 2027, contre 9 885 kilomètres en 2023.
Le Cameroun est régulièrement cité parmi les pays où le coût des routes demeure particulièrement élevé. En 2013, le coût moyen du kilomètre de route bitumée y était estimé à environ 205 millions de FCFA (environ 312 000 euros) soit environ deux fois plus que la moyenne africaine. Pour les pouvoirs publics, la dépendance aux importations de bitume figure parmi les principaux facteurs explicatifs.