Le gouvernement fédéral nigérian a inscrit au budget 2026 un nouveau financement pour la Green Line, troisième ligne du métro de Lagos. Si ce signal budgétaire confirme l’engagement d’Abuja pour le développement de ce projet de 3 milliards de dollars, le calendrier de lancement des travaux et la structuration complète du financement restent à boucler.
Au Nigeria, le gouvernement fédéral prévoit d’inscrire 102,3 milliards de nairas (61,71 millions €) dans son budget 2026 pour la Green Line, troisième tronçon du métro de Lagos, la capitale économique du Nigeria. L’annonce relayée dimanche 11 janvier par les médias locaux intervient alors que le financement complet du projet, d’un coût total de 3 milliards de dollars (2,57 milliards €), doit encore être finalisé.
La Green Line est une ligne ferroviaire de 68 km destinée à relier la zone franche de Lekki au quartier de la Marina, cœur administratif et économique de Lagos. Les fonds prévus par Abuja dans le budget 2026 seront transférés au Ministry of Finance Incorporated (MOFI), gestionnaire des intérêts financiers du gouvernement fédéral dans divers projets.
Dans le budget 2025, les autorités avaient déjà prévu 146,14 milliards de nairas (88,15 millions d'euros) à disposition du MOFI pour financer la construction de l’infrastructure. En septembre 2024, ce département ministériel a signé un accord avec le gouvernement de l’Etat de Lagos, afin de cofinancer le projet, aux côtés de la China Harbour Engineering Company (CHEC). L’entreprise chinoise est chargée de concevoir, financer et exploiter la Green Line.
Début des travaux annoncé
Malgré la signature du protocole d’accord tripartite entre la CHEC, l’Etat de Lagos et le gouvernement nigérian il y a bientôt deux ans, des incertitudes planent sur le début des travaux. Les autorités n’ont en effet pas officiellement communiqué sur la signature d’un accord définitif avec l’entreprise chinoise chargée du chantier, ou sur un calendrier de mise en œuvre du projet. Si les provisions budgétaires annoncées par Abuja pour les exercices 2025 et 2026 dépassent déjà 150 millions d’euros, la contribution totale attendue du gouvernement n’est pas disponible, encore moins de l’Etat de Lagos et de la China Harbour Engineering Company.
C’est dans ce contexte incertain que l’Etat de Lagos a annoncé en octobre 2025 que les travaux de la ligne débuteraient en décembre suivant. Selon Oluwaseun Osiyemi, commissaire aux transports de l’Etat, le chantier de construction devrait s’étaler sur deux à trois ans et se dérouler en plusieurs phases. En amont de ce démarrage, les autorités indiquent avoir mené des études de faisabilité approfondies, engagé de larges concertations avec les riverains et acteurs économiques du corridor Lekki-Epe, et lancé des opérations de dégagement des emprises, de contrôle des occupations illégales et de restauration des zones humides afin de préparer le tracé du projet.
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Jusqu’à 1 million de passagers
En janvier 2026, le début des travaux de construction tout comme la structuration complète du financement de la Green Line sont encore attendus. En cas d’aboutissement, les autorités locales tablent sur une capacité quotidienne pouvant dépasser 500 000 passagers, avec un potentiel approchant le million lorsque la demande aura pleinement émergé. L’objectif affiché est de réduire significativement la congestion routière sur l’un des corridors les plus saturés du pays, où les temps de trajet entre Lekki et Lagos Island peuvent atteindre plusieurs heures aux pics de circulation.
La Green Line viendrait ainsi compléter le réseau existant, après la mise en service de la Lagos Blue Line et de la Lagos Red Line. Ces infrastructures sont développées dans le cadre du Lagos Rail Mass Transit (LMRT), un plan directeur dont le but est de développer et diversifier les options de transport public dans une métropole qui compte plus de 20 millions d’habitants. Les 2 premiers tronçons cumulent près de 750 000 voyageurs par jour de capacité, soit 250 000 voyageurs pour la Blue Line et 500 000 pour la Red Line.