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La Tribune Afrique

Gabon : l’américaine Vaalco annonce des forages concluants sur le champ Etame Marin

Photo de Idriss Linge

Idriss Linge, Agence Ecofin

Publié le 16 janvier 2026 à 13:00

Etame Marin a déjà livré l’essentiel de son potentiel. Vaalco va maintenant extraire ce qui reste à capter.

Etame Marin a déjà livré l’essentiel de son potentiel. Vaalco va maintenant extraire ce qui reste à capter.

Vaalco

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Vaalco a indiqué ce 15 janvier que les travaux techniques de forages pilotes réalisés sur son principal actif pétrolier au Gabon, le champ d’Etame Marin, ont livré des résultats positifs. Ce qui permet à l’opérateur d’envisager une augmentation de sa production à partir de cette année après 2025 marquée par une baisse temporaire des volumes liée à des opérations de maintenance.

Situé au large des côtes gabonaises, Etame Marin est un champ pétrolier exploité depuis plusieurs décennies et constitue le cœur des activités de Vaalco dans le pays. Il s’agit d’un gisement dit mature, c’est-à-dire qu’il a déjà fourni l’essentiel des ressources qu’il était en mesure de produire. Selon les estimations disponibles, environ 88,4% des réserves récupérables du champ ont déjà été extraites. Dans ce contexte, la stratégie de l’opérateur ne repose plus sur la découverte de nouveaux gisements majeurs, mais sur l’optimisation de l’existant afin de récupérer le pétrole encore présent dans le sous-sol.

Les travaux menés par Vaalco depuis la fin de l’année 2025 s’inscrivent dans la troisième phase de son programme de développement sur le bloc Etame Marin. L’entreprise a d’abord procédé à des forages dits pilotes, dont l’objectif est de vérifier la présence de pétrole dans des zones ciblées et d’évaluer leur potentiel avant toute mise en production. Les résultats obtenus ont confirmé l’existence de réservoirs connectés aux puits déjà en activité, indiquant que le système pétrolier demeure fonctionnel sur cette partie du champ.

Retrouver les niveaux de production

Les volumes de pétrole identifiés dans ces nouvelles zones sont estimés par l’entreprise entre 2,4 et 3,2 millions de barils. Toutefois, tout le pétrole présent dans la roche ne peut pas être extrait. Dans un champ mature comme Etame Marin, le taux de récupération réel se situe généralement entre 20% et 30%, ce qui signifie que seule une fraction de ces volumes pourra effectivement être produite. L’impact final de ces découvertes dépendra donc de la capacité technique à extraire ces barils à un coût économiquement viable.

À la suite de ces résultats jugés encourageants, Vaalco a lancé le forage d’un puits destiné à la production effective, dont la mise en service est attendue au cours du premier trimestre 2026. L’opérateur espère ainsi freiner le déclin naturel du champ et relever progressivement ses niveaux de production au Gabon, conformément aux objectifs fixés pour les prochaines années.

Ces perspectives interviennent après une année 2025 qualifiée de transition pour les opérations gabonaises de Vaalco. Sur les neuf premiers mois de l’année, la production nette moyenne de l’entreprise s’est établie à environ 7 014 barils par jour, contre 7 647 barils par jour sur la même période en 2024. Cette baisse ne traduit pas une dégradation du potentiel du champ, mais résulte principalement d’un arrêt complet et planifié des installations en juillet 2025. Cette opération de maintenance majeure, la première depuis la mise en service d’un nouveau navire de stockage et de déchargement en 2022, visait à renforcer la sécurité des infrastructures, leur fiabilité et la protection de l’environnement marin.

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Un modèle entre investissements privés et revenus publics

Au-delà de l’aspect technique, ces développements soulèvent la question de leur traduction économique pour le Gabon. Les activités de Vaalco s’inscrivent dans le cadre d’un contrat de partage de production, selon lequel l’entreprise finance les investissements et se rembourse sur une partie du pétrole extrait avant le partage des revenus avec l’État. Sur les neuf premiers mois de 2025, les ventes de pétrole réalisées par Vaalco au Gabon ont atteint environ 152,1 millions de dollars, tandis que les redevances et taxes perçues par l’État gabonais se sont élevées à près de 20,6 millions de dollars.

Ce niveau de recettes publiques relativement modéré s’explique en partie par les coûts importants engagés pour maintenir les installations et financer les nouveaux forages, mais aussi par le fonctionnement du mécanisme du « Profit Oil ». Cette part de la production revient à l’État une fois les coûts d’exploitation couverts. En 2025, le rapport financier de Vaalco fait état d’un ajustement de 3,9 millions de dollars, lié à la différence entre le prix du pétrole au moment où il est produit et celui constaté lorsque le gouvernement gabonais prélève effectivement sa part en nature pour la commercialiser. Ce décalage de prix a temporairement pesé sur les revenus enregistrés.

La situation gabonaise apparaît encore plus clairement lorsqu’elle est comparée à celle de l’Égypte, autre pays important dans le portefeuille de Vaalco. Sur la même période de neuf mois en 2025, l’État égyptien a perçu environ 67,7 millions de dollars en redevances et taxes liées aux activités du groupe, soit plus de trois fois le montant encaissé par le Gabon pour des volumes de production comparables. Cette différence illustre des cadres contractuels distincts : l’Égypte capte une part proportionnellement plus élevée de la rente pétrolière, tandis que le cadre gabonais demeure plus attractif pour l’investisseur afin d’encourager la poursuite de l’exploitation de champs anciens nécessitant des investissements lourds.

Quelles retombées pour les entreprises locales ?

Reste enfin la question de l’impact de ces investissements sur l’économie locale. Si une part significative des dépenses concerne des équipements et des services fournis par des acteurs internationaux spécialisés dans le forage offshore, la capacité des entreprises gabonaises à capter les activités de soutien, de logistique et de maintenance constituera un enjeu central. Au-delà du nombre de barils supplémentaires produits, le succès de cette nouvelle phase se mesurera aussi à la manière dont ces investissements contribueront durablement à l’économie nationale. La mise en service du nouveau puits attendue début 2026 permettra d’évaluer si cette stratégie de relance tient ses promesses pour l’ensemble des parties prenantes.

Idriss Linge, Agence Ecofin

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