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Conservation de l’Île de Gorée, dépollution de la Baie de Hann : le français NGE s’active au Sénégal

Idriss Linge, Agence Ecofin

Publié le 27 octobre 2025 à 15:25

La Baie de Hann, l’un de plus beaux sites des côtes sénégalaises, envahie de déchets industriels et domestiques.

La Baie de Hann, l’un de plus beaux sites des côtes sénégalaises, envahie de déchets industriels et domestiques.

Photo : MFWA

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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Présent au Sénégal depuis 2017, le groupe français NGE confirme son ancrage dans le pays avec deux nouveaux chantiers majeurs, confirmant sa stratégie de se positionner sur les marchés liés à la transition écologique et à la valorisation du patrimoine.

Le groupe NGE (Nouvelles Générations d'Entrepreneurs), qui se positionne parmi les leaders français du BTP, a annoncé avoir gagné deux nouveaux marchés de construction au Sénégal où il possède une filiale et des bureaux. Les nouveaux contrats sont axés l’un sur la préservation de l’environnement et l’autre sur celle du patrimoine.

Le premier marché confié dans ce contexte à sa filiale Sade, vise à finaliser le projet de dépollution de la Baie de Hann, première opération industrielle de grande ampleur en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’achever un ensemble de travaux restants, notamment les terrassements et les réseaux. Le financement de l’opération est assuré par l’Agence Française de Développement (AFD) et la China Development Bank (CDB). Ce lot marque la dernière étape du programme global au sein duquel l’entreprise est intervenue dès le départ.

« Clore ce projet que nous avons démarré avec le lot 1 illustre la continuité de notre engagement aux côtés de l’ONAS et la complémentarité des expertises de Sade et du Groupe NGE. À travers ce chantier, nous réaffirmons notre volonté d’agir concrètement pour l’aménagement du territoire et la préservation de la ressource en eau », a indiqué Frédéric Bernadet, directeur général de Sade.

Les interventions prévues pour durer 20 mois, incluront la pose de 23 kilomètres de canalisations d’eaux usées ainsi que l’installation de 8 kilomètres de collecteurs d’eaux pluviales en béton armé. Le chantier prévoit également la construction de plus de 1000 regards de visite en béton armé et l’édification de six stations de pompage et de refoulement, équipées de l’ensemble des dispositifs électromécaniques, pour un assainissement global de 200 000 m³ d’eaux usées par jour, ainsi que la protection durable de cet écosystème côtier vital pour Dakar.

Lutter contre l’érosion côtière

Le second contrat concerne la conservation de l’Île de Gorée, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978 et symbole de la traite négrière. Financé par la Banque mondiale et mandaté par l’agence WACA (West Africa Coastal Areas Management Program), en charge de la gestion du projet de gestion des aires costales africaines pour le compte du ministère sénégalais de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, il vise à lutter contre l’érosion côtière accélérée due aux courants marins et à la montée des eaux.

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NGE déploiera des ouvrages de protection (enrochements) sur 1,3 km de littoral, sur une durée estimée à 15 mois. Ce projet s’inscrit dans un plan global de sauvegarde patrimoniale, afin de préserver un lieu visité par 500 000 touristes annuels. Mais il offre aussi la possibilité à l’entreprise d’intervenir sur des domaines de construction où il faut s’adapter aux règles contraignantes de respect des normes environnementales, sociétales et de gouvernance fixées par la Banque mondiale.

« Nous sommes honorés de contribuer à la préservation de l’île de Gorée. Ce projet reflète notre engagement en faveur de la préservation et de l’aménagement des territoires. Il témoigne aussi de la confiance des donneurs d’ordre publics sénégalais envers notre expertise », a fait savoir l’entreprise, commentant cette actualité.

Une diversification vers l’adaptation climatique

Ces adjudications ne marquent pas la première incursion de NGE dans la conservation patrimoniale au Sénégal. En juin dernier, l’Agence nationale chargée de la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX) avait déjà confié au groupe la restauration de l’Île de Saint-Louis, autre perle de l’UNESCO depuis 2000.

Lancés en juillet, les travaux portent sur trois sites emblématiques : la place Baya (ex-place Faidherbe), l’avenue Jean Mermoz et le village artisanal. Ils incluent la rénovation du parvis avec des bétons désactivés et un éclairage LED, la création d’un cinéma en plein air, des ateliers modulaires pour 60 artisans et un belvédère fluvial, pour une livraison fin 2026. « NGE a été sélectionné pour mener des travaux de restauration (patrimoine public et privé) sur ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO », indiquait le communiqué de l’époque, qui soulignait l’engagement en faveur d’un tourisme durable.

Implanté au Sénégal depuis 2017 via sa filiale ferroviaire Travaux Spéciaux Ouvrages (TSO), le groupe qui compte près de 200 collaborateurs, a déjà marqué le pays par des réalisations phares : la reconstruction de 51 km de voie métrique pour le fret du Train Express Régional (TER) de Dakar, et la réhabilitation des ports de Dakar et de Ziguinchor, incluant des terrassements et des pavages pour 12 800 m² de plateformes logistiques. L’acquisition de Sade en 2024, entité présente au Sénégal depuis 1978, a élargi l’offre en réseaux humides et en génie environnemental, synergisant les expertises pour relever ces nouveaux défis.

Fondé en 2002 par Joël Rousseau, ingénieur centralien, NGE a réalisé la première année un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros, selon L’Opinion. En 2024, ce chiffre s’est établi à 4,637 milliards d'euros en 2024, en hausse de 38,7% par rapport à 2023 (3,344 milliards d'euros).

Présenté comme le quatrième acteur du BTP français, avec 26 000 salariés, il réalise une part de son activité dans au moins cinq pays africains: au Maroc (réseaux d’eau), en Côte d’Ivoire (hydraulique), au Cameroun (barrage de Nachtigal, +420 MW d’hydroélectriques opérationnels en 2025) et en Égypte (infrastructures ferroviaires).

Les montants des trois récents contrats n’ont pas été divulgués. Mais ces engagements révèlent surtout une capacité de diversification de l’entreprise, dans un contexte où il est attendu que les investissements en vue de la transition énergétique et de l’adaptation climatique génèrent de nouvelles opportunités pour un ensemble de secteurs, dont notamment celui de la construction.

Idriss Linge, Agence Ecofin

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