Au Mali, une campagne agricole 2026/2027 placée sous le signe de grandes ambitions

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’une des priorités est de relancer une filière coton qui peine à retrouver son éclat d'il y a 5 ans.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’une des priorités est de relancer une filière coton qui peine à retrouver son éclat d'il y a 5 ans.
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Au Mali, les préparatifs vont bon train pour la campagne agricole 2026/2027. Les autorités du pays d’Afrique de l’Ouest prévoient une enveloppe de 164,4 milliards FCFA (environ 250 millions d'euros) pour soutenir les producteurs, soit une hausse de 2% du budget consacré à la campagne précédente. L’annonce a été faite lors de la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture (CENA), le 2 avril à Bamako.
Avec cette hausse de l’enveloppe budgétaire, l’une des priorités est de relancer une filière coton qui peine à retrouver son éclat d'il y a cinq ans. Après avoir affiché 777 000 tonnes en 2021/2022, l’appareil de production peine depuis à atteindre à nouveau cette barre. Si en 2024/2025, il a approché ce seuil avec une récolte de 656 751 tonnes, retrouvant en passant sa place de leader africain devant le Bénin (637 697 tonnes), il a rechuté la saison suivant.
Pour 2025/2026, les données officielles montrent ainsi que la récolte d’or banc n'a atteint que 433 700 tonnes contre une prévision de 682 000 tonnes. Une contre-performances attribuée aux mauvaises conditions météorologiques, mais aussi aux insectes comme le jasside, dont les infestations ont réduit les rendements.
Pour le nouvel exercice, les autorités veulent redresser la barre grâce à un soutien accru aux producteurs en matière d'intrants et de pesticides. La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) entend notamment faire passer les superficies cultivées de 96 000 à 630 000 hectares. Elle vise aussi une hausse de 17% du rendement moyen, qui passerait ainsi à 950 kg de coton graine par hectare.
L’objectif final est de porter la production à 598 500 tonnes en 2026/2027, soit 38% de plus que la saison dernière.
Si pour le pays, l’enjeu est important dans la mesure où le coton constitue sa deuxième source de recettes d’exportation après l’or, les ambitions sont aussi importantes pour les céréales. Le gouvernement devrait ainsi soutenir l’objectif de production de 11,9 millions de tonnes de graminées durant cette campagne, contre 11,5 millions de tonnes la précédente.
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Le Mali est aujourd’hui le deuxième producteur de céréales en Afrique de l’Ouest derrière le Nigeria. Le maïs occupe une place centrale dans cette dynamique, représentant d’ordinaire environ 40% de la production céréalière nationale, mais c’est le riz qui concentre les regards en raison de son rôle crucial dans l’alimentation urbaine. Le Mali est l’un des rares pays ouest-africains à dépasser un taux de couverture de 80 % de sa consommation de riz, et fait partie du Top 3 sous-régional des producteurs, avec le Nigeria et la Guinée.
Près de 40% de l’offre nationale provient de la zone de Ségou, qui abrite la plus importante superficie de riz irrigué. En avril 2025, les autorités ont affiché la volonté de porter la production de riz paddy à 5,5 millions de tonnes d’ici 2030, contre environ 3 millions de tonnes actuellement. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du Programme national de mise à l’échelle du Système de riziculture intensif (PNSRI). Portée par le ministère de l’Agriculture, avec l’appui de la coopération allemande, GIZMali, cette feuille de route requiert un investissement global estimé à 14,1 milliards FCFA (environ 21,45 millions d'euros).
Espoir Olodo, Agence Ecofin