Le Cameroun relance un projet d'aéroport de classe mondiale à Douala
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Cameroun mise sur le transport aérien comme vecteur de compétitivité économique.
Photo DR
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Cameroun mise sur le transport aérien comme vecteur de compétitivité économique.
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Le Cameroun remet sur les rails l’un de ses plus ambitieux projets en matière de transport aérien. Le 28 novembre, lors de la présentation du budget 2026 du ministère des Transports à l’Assemblée nationale, le gouvernement a annoncé le lancement des études de faisabilité pour la construction d’un nouvel aéroport dans la zone métropolitaine de Douala. Selon le magazine Investir Au Cameroun, le ministre de tutelle a précisé que ces études portent sur « la construction d’un aéroport de classe mondiale ».
Longtemps laissé en sommeil dans les tiroirs de l’administration, le projet prévoyait un grand terminal aéroportuaire situé entre Douala, Édea et Kribi, sur le littoral, afin de répondre aux standards internationaux dans le domaine et de corriger les insuffisances des deux principales plateformes actuelles, Douala et Yaoundé, distantes de seulement 230 km. L’objectif annoncé est de renforcer la connectivité du pays, mais aussi de soutenir l’activité économique d’un littoral stratégique qui en constitue la principale façade maritime, et qui concentre une grande part des échanges commerciaux.
Le lancement des études pour la future plateforme se profile alors que le gouvernement a déjà engagé d’importants travaux de modernisation de l’aéroport international de Douala. Un programme de rénovation de 144 millions d'euros, dont 100 millions d'euros financés par l’Agence française de développement (AFD), est en cours. L’avant-projet détaillé a été présenté en novembre dernier, au cours de la 136ᵉ session du Conseil d’administration d’Aéroports du Cameroun (ADC).
Piloté par le groupement français TPF/Kardham, ce chantier prévoit deux volets. Le premier concerne l’extension des chaussées aéronautiques, avec une nouvelle aire de trafic de 36 000 m², pour 15,8 millions d'euros. Le second porte sur la modernisation de l’aérogare et la création de nouveaux espaces, avec l’aménagement de 20 000 m² et la construction de 10 000 m² supplémentaires. Les travaux se feront sans fermeture de la plateforme, afin d’éviter toute perturbation des opérations aériennes.
À terme, Douala verra sa capacité passer de 1,5 million à 2,5 millions de passagers par an, ce qui doit contribuer à le repositionner comme une véritable porte d’entrée aérienne en Afrique centrale.
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Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large de modernisation du secteur du transport aérien. ADC a annoncé le lancement cette année d’un programme d’investissement de 114 millions d'euros sur trois ans, visant à renforcer la compétitivité des aéroports et à améliorer la qualité des services. L’entreprise prépare en parallèle son introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), ce qui nécessite de consolider sa crédibilité auprès des investisseurs.
Cette accélération survient après des retards chroniques et des critiques répétées de la part d'acteurs économiques. En 2024, le patronat, par la voix du GICAM (Groupement interpatronal du Cameroun), dénonçait le « délabrement flagrant » des infrastructures aéroportuaires, les pannes fréquentes des équipements, les attentes interminables et l’accueil jugé indigne des passagers. Ces insuffisances auraient même dissuadé certaines compagnies de renforcer leurs dessertes, fragilisant l’image du pays.
Le Cameroun veut désormais tourner la page et se mettre au niveau de ses voisins en Afrique centrale et de l’Ouest, qui misent sur le transport aérien comme vecteur de compétitivité économique. Une stratégie qui cadre avec les ambitions touristiques du pays. Dans le cadre de sa stratégie nationale de développement SND30, ce dernier envisage en effet d’attirer 3,5 millions de touristes par an à moyen terme. Pour l’heure, le secteur ne représente que 4,1% du PIB, malgré les 930 sites touristiques naturels et artificiels répertoriés sur le territoire.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin