Le lithium nigérian suscite l’intérêt des entreprises chinoises

Le lithium nigérian, un potentiel encore largement sous-exploité, au cœur des stratégies gouvernementales de valorisation du secteur minier.
Photo DR

Le lithium nigérian, un potentiel encore largement sous-exploité, au cœur des stratégies gouvernementales de valorisation du secteur minier.
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La société minière australienne Chariot Resources a annoncé la semaine dernière la signature d’un mémorandum d’entente avec Fujian Jinjianqiao New Energy Technology, un négociant chinois spécialisé dans le lithium. L’accord vise à examiner des pistes de coopération autour des projets de lithium que Chariot développe au Nigeria.
Selon les informations communiquées, les discussions portent sur de possibles accords d’enlèvement de minerai ou de concentré de lithium, sur des mécanismes de financement, ainsi que sur le développement de capacités locales de transformation du minerai sur le territoire nigérian.
Pour Chariot, l’intérêt d’un tel partenariat réside, apprend-on, dans le positionnement de Jinjianqiao sur plusieurs segments de la chaîne logistique, depuis l’exportation du minerai jusqu’à son intégration dans les circuits industriels asiatiques. Un schéma susceptible, selon la société australienne, de faciliter la valorisation commerciale de projets encore à un stade précoce. Le cadre posé prévoit également l’examen de solutions financières destinées à soutenir l’exploration et, à terme, à accélérer une éventuelle entrée en production.
Le protocole d’accord signé entre les deux parties reste toutefois non contraignant. Il ne crée aucune obligation de transaction et toute coopération effective dépendra de négociations ultérieures, d’autorisations réglementaires et de la réalisation d’études techniques et commerciales approfondies.
La conclusion d’accords définitifs est par ailleurs conditionnée à la finalisation par Chariot de l’acquisition de ses projets nigérians, attendue au premier trimestre 2026. En juillet dernier, faut-il le rappeler, la société a conclu un accord avec l’entreprise nigériane Continental Lithium Limited en vue d’acquérir 66,7 % d’un portefeuille comprenant notamment les projets Fonlo, Gbugbu, Iganna et Saki, présentés comme d’anciennes exploitations artisanales à ciel ouvert.
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Dans le cadre du mémorandum, Jinjianqiao pourra mener une due diligence sur les actifs concernés. À l’issue de cette étape, le négociant chinois pourrait, sous conditions, sélectionner l’un des projets comme priorité pour un éventuel enlèvement à long terme. Une période de négociation exclusive, limitée dans le temps, serait alors envisagée.
Jinjianqiao n’est pas la seule entreprise chinoise à avoir manifesté son intérêt pour les projets de Chariot. Quelques jours plus tôt, la société australienne avait annoncé un premier mémorandum d’entente non contraignant avec Shanghai GreatPower Nickel & Cobalt Materials, un groupe chinois actif dans les matériaux pour batteries.
Cet accord exploratoire porte également sur d’éventuels contrats d’enlèvement, des solutions de financement et l’évaluation d’unités de transformation du lithium au Nigeria. Il évoque aussi l’intégration de solutions énergétiques destinées à alimenter de futures opérations minières.
« Le projet de Chariot devrait fournir à GreatPower jusqu’à 200 000 tonnes par an de concentré de lithium de haute qualité, renforçant ainsi sa présence dans la chaîne de valeur des matières premières destinées aux batteries pour le secteur des nouvelles énergies », a déclaré Aaron Cao, patron de l’entreprise, ajoutant reconnaître le potentiel du projet à « devenir une ressource de lithium de roche dure de classe mondiale ».
Pour le Nigeria, ces initiatives rejoignent une volonté de diversification économique. Le pays demeure fortement dépendant des hydrocarbures qui représentent environ 80 % des exportations et une part significative des recettes publiques, tandis que le secteur minier ne contribue encore qu’à une fraction du produit intérieur brut.
Les ressources minérales nigérianes, pourtant estimées à plus de 700 milliards de dollars, restent largement sous-exploitées. Le développement d’une filière lithium, intégrant à la fois l’extraction et la transformation locale, figure parmi les leviers identifiés pour accroître la valeur ajoutée du secteur minier.
Les autorités ont récemment évoqué plusieurs projets industriels liés au lithium, notamment la mise en service prochaine d’unités de traitement et de raffinage, dans l’objectif de capter une part plus importante de la chaîne de valeur, alors que la demande mondiale pour ce métal est tirée par la transition énergétique.