L’américain Chevron réaffirme sa volonté de s’étendre dans le secteur pétrolier nigérian
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le FPSO Agbami, opérant à 113 km au large des côtes dans le delta du Niger, au Nigeria.
DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le FPSO Agbami, opérant à 113 km au large des côtes dans le delta du Niger, au Nigeria.
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Chevron, deuxième plus grande compagnie pétrolière des États-Unis, a déclaré la semaine dernière qu’elle participera au prochain appel d’offres pétrolier du Nigeria et prévoit de déployer une nouvelle plateforme de forage en 2026. Ces annonces illustrent la volonté de Chevron d’élargir son empreinte dans un pays où il est déjà producteur.
« Nous participerons au prochain appel d’offres. Notre intention est de continuer à croître au Nigeria », a déclaré Jim Swartz, président-directeur général de Chevron Nigeria et de l’unité Mid-Africa, dans des propos rapportés par Reuters.
Dans le détail, Jim Swartz a expliqué que l’entreprise souhaite étendre ses activités dans le pays, en raison d’une meilleure clarté réglementaire depuis l’entrée en vigueur du Petroleum Industry Act, une réforme adoptée en 2021 pour réorganiser la gouvernance du secteur pétrolier. Selon lui, cette évolution a contribué à restaurer la visibilité nécessaire pour engager de nouveaux investissements.
Le dirigeant a également indiqué que Chevron n’avait enregistré aucun vol ni acte de sabotage sur ses installations au cours de l’année écoulée. Il s’agit de la plus longue période sans perturbation de ses opérations au Nigeria, un élément que l’entreprise interprète comme un signe d’amélioration de la sécurité dans le secteur.
La volonté du groupe d’étendre sa présence s’appuie sur une implantation déjà ancienne et importante. Chevron est l’un des plus grands producteurs de pétrole du Nigeria et l’un des principaux investisseurs étrangers du secteur. L’entreprise opère dans le pays à travers Chevron Nigeria Limited (CNL), sa filiale qui détient une participation de 40% dans huit concessions onshore et near-onshore du delta du Niger, dans le cadre d’une co-entreprise avec la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC).
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Dans les eaux profondes, Chevron dispose d’intérêts dans trois blocs opérés et six blocs non opérés. Le groupe opère notamment le champ Agbami, l’une des découvertes majeures du Nigeria, situé à 113 kilomètres des côtes, à une profondeur d’eau d’environ 1 463 mètres. L’entreprise a prolongé en 2024 la concession d’Agbami jusqu’en 2044.
Chevron détient également une participation non opérée de 30% dans le champ Usan, situé à 750 mètres de profondeur, et travaille avec d’autres partenaires à l’évaluation de plusieurs découvertes satellites, dont Owowo. En 2024, l’ensemble des intérêts de Chevron au Nigeria représentait environ 2,9 millions d’acres pétroliers et gaziers.
La nouvelle sortie de l’entreprise confirme les propos tenus par le dirigeant lors du Nigeria International Energy Summit, organisé en février dernier. À cette occasion, Jim Swartz soulignait déjà que l’exploration en eaux profondes constituait un axe prioritaire pour compenser le déclin naturel de certains gisements matures.
Chevron envisageait alors des campagnes de forage intercalaire sur les champs Agbami et Usan, deux actifs majeurs de son portefeuille offshore. Le groupe prévoyait également de poursuivre les activités de développement autour du gisement Owowo et misait sur son entrée récente dans l’OPL 215 pour renforcer sa présence dans les zones profondes.
L’annonce de Chevron intervient alors que le Nigeria a officiellement lancé son appel d’offres pétrolier 2025, qui porte sur 50 blocs couvrant des zones terrestres, des eaux peu profondes, des eaux profondes et des bassins dits « frontiers », c’est-à-dire peu explorés. Les autorités nigérianes expliquent que cette répartition vise à attirer une diversité d’opérateurs, nationaux comme internationaux, disposant de capacités suffisantes pour développer ces actifs.
Elles estiment que les ressources potentielles liées à cette mise aux enchères pourraient contribuer à soutenir l’activité pétrolière sur la décennie à venir. Selon les données les plus récentes de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Nigeria a produit en moyenne 1,4 million de barils par jour en 2024. TotalEnergies a déjà manifesté un intérêt pour la procédure, qui suscite une attention croissante chez plusieurs groupes internationaux.
Dans ce contexte, l’engagement renouvelé de Chevron apparaît comme un signal favorable pour un secteur en quête de nouveaux investissements. Pour Abuja, il s’agit d’une opportunité de mieux valoriser des richesses pétrolières déjà essentielles pour son économie.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin