Nigeria : revenus en hausse mais profits en baisse pour AXA Mansard en 2025

Idriss Linge, Agence Ecofin

Kunle Ahmed, directeur général d'AXA Mansard, filiale d’Axa au Nigéria.
NIA

Idriss Linge, Agence Ecofin

Kunle Ahmed, directeur général d'AXA Mansard, filiale d’Axa au Nigéria.
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AXA Mansard Insurance Plc, filiale du groupe français Axa et premier assureur composite coté sur la bourse des valeurs mobilières du Nigeria, a vu ses revenus d'assurance progresser de 22% à 160,6 milliards de nairas (99,5 millions d'euros) en 2025, selon ses états financiers audités consultés en avril 2026. Derrière cette progression globale se cache un basculement interne : pour la première fois, c'est l'assurance santé et non l'assurance pétrolière, qui a tiré la croissance du groupe. Le segment Oil & Gas, historiquement le deuxième plus important du portefeuille d'AXA Mansard, a reculé de 5,2% à 22 millions d'euros en 2025, selon la note 30 des états financiers. Les grandes entreprises du secteur énergétique nigérian ont réduit ou renégocié leurs couvertures, dans un contexte de pression sur leurs coûts opérationnels. Ce repli a creusé un vide que la santé a été appelée à combler.
« Nous avons enregistré une forte croissance du chiffre d'affaires et des résultats techniques stables malgré les pressions sur les coûts » a déclaré Kunle Ahmed, directeur général d'AXA Mansard, dans le rapport annuel publié à Lagos. L'assurance santé a effectivement répondu à l'appel sur le plan commercial. Ses revenus ont bondi de 40% à 41 millions d'euros, faisant du segment la première source de revenus du groupe, devant le pétrole pour la première fois de son histoire, selon les mêmes états financiers.
Mais la santé n'a pas pu tenir la même promesse sur les marges. Les remboursements de sinistres dans ce segment ont augmenté de 50,8% à 35,8 millions d'euros en 2025, selon la note 31 des états financiers — soit dix points de plus que la hausse des primes. Pour chaque euro de prime santé encaissé par le groupe, 87 centimes sont repartis en remboursements médicaux, contre 81 centimes en 2024. Il ne restait donc que 13 centimes pour couvrir les frais de fonctionnement et dégager un bénéfice. La raison est simple : les coûts des soins au Nigeria ont augmenté plus vite que les tarifs d'assurance. Les médicaments, pour la plupart importés en dollars, les consultations médicales et les frais hospitaliers ont renchéri sous l'effet conjugué de l'inflation et de la dépréciation du naira. Les primes, elles, sont fixées en début d'année et ne peuvent pas être ajustées en cours de contrat. L'assureur a donc absorbé l'écart.
Au total, le bénéfice net attribuable aux actionnaires d'AXA Mansard a chuté de 77% à 1,6 million d'euros en 2025, contre 15,4 millions d'euros en 2024, selon le compte de résultat consolidé. La santé a bien assuré la croissance du groupe — mais pas ses profits.
Pour l'exercice 2025, le conseil d'administration a décidé de ne pas verser de dividende aux actionnaires, préférant renforcer les réserves du groupe face aux nouvelles exigences de capital imposées par le régulateur nigérian des assurances, la NAICOM.
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La publication des résultats du premier semestre 2026 permettra de mesurer si la hausse des primes santé, attendue à 56,2 millions d'euros sur l'ensemble de l'année selon les projections de la direction, suffira cette fois à couvrir des sinistres médicaux toujours en hausse.
Idriss Linge, Agence Ecofin