Industrie, mobilité, numérique... : le Fonds franco-africain veut accélérer
Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Après avoir accompagné 18 PME, AfricInvest Europe vise le soutien à dix à douze nouvelles entreprises
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Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Après avoir accompagné 18 PME, AfricInvest Europe vise le soutien à dix à douze nouvelles entreprises
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Fin septembre 2025, AfricInvest Europe a annoncé la clôture d’un financement de 50 millions d’euros destiné à soutenir la troisième génération du Fonds franco-africain (FFA). Après avoir accompagné 18 PME françaises opérant de part et d’autre de la Méditerranée depuis 2017, le FFA veut consacrer cette nouvelle levée à une dizaine de sociétés supplémentaires les années à venir.
L’occasion de revenir sur les projets déjà soutenus par cette plateforme d’investissement, conçue comme un pont entre les économies française et africaine.
Les deux premières générations du FFA ont permis à AfricInvest Europe de mettre en place un portefeuille diversifié de PME françaises actives en Europe et en Afrique, grâce à des tickets d’investissement compris entre 3 et 6 millions d’euros. Dotés de 77 millions d'euros pour le FFA1 et de plus de 50 millions d'euros pour le FFA2, les fonds ciblaient des sociétés rentables et en croissance, engagées dans la santé, l’industrie, le numérique, la mobilité, l’énergie ou encore l’emballage/conditionnement, avec un fort potentiel d’internationalisation.
Outre l’appui financier, AfricInvest Europe a mobilisé ses équipes pour accompagner les entreprises ciblées dans leur développement et leur accès à de nouveaux marchés.
Dans la santé, le premier investissement a été réalisé dès 2017 avec l’entrée au capital de PIEX, distributeur pharmaceutique présent sur plus de 35 marchés africains, aux côtés de LBO France. L’opération visait à consolider la position du groupe sur son marché historique d’Afrique subsaharienne francophone, et à accélérer son expansion internationale.
Dans l’industrie, le FFA est entré en décembre 2018 au capital de Mathevon, fabricant de vannes en alliages de nickel, afin de financer l’ouverture de nouveaux sites en Malaisie et en Arabie saoudite, et de renforcer sa présence en Tunisie. En juillet 2021, le fonds a également investi dans Baobag, leader européen du big bag, ces sacs souples de grande capacité utilisés pour le transport de produits en vrac. L’opération est survenue quelques années après la création (en 2017) de Maobag, filiale marocaine du groupe, première étape d’une possible expansion sur le marché africain.
Dans le numérique, AfricInvest Europe a pris en 2023 une participation dans JEMS, spécialiste de la data et de l’intelligence artificielle, présent à Levallois, Tunis et Casablanca, afin de soutenir sa croissance internationale et sa transition vers des pratiques plus durables. Le fonds appuie aussi Le Wagon, une école de formation intensive aux métiers du numérique, qui a déjà formé plus de 28 000 étudiants à travers le monde.
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Dans les services et les infrastructures, le FFA a investi en 2018 dans Altereo, actif dans la gestion de l’eau et les services publics locaux, ainsi que dans Ragni, spécialiste de l’éclairage public et pour le développement de solutions durables. Il a enfin accompagné le constructeur naval Piriou, engagé dans la construction de navires à propulsion vélique, plus respectueux de l’environnement.
Avec cette troisième génération, le Fonds franco-africain passe à la vitesse supérieure. Les tickets seront en effet compris entre 5 et 10 millions d’euros, des montants deux à trois fois supérieurs à ceux des précédentes générations. AfricInvest Europe prévoit d’investir dans dix à douze nouvelles entreprises, tout en gardant la possibilité de réinvestir dans chacune d’elles lorsque des opportunités se présenteront.
Selon Clémence Kolb, directrice des participations d’AfricInvest Europe, il peut s’agir d’opérations de croissance externe partiellement financées par un mix de dette et de capital. Ces nouvelles participations minoritaires mettront davantage l’accent sur le respect des principes ESG (Environnement, Social, Gouvernance), la transparence et la création d’emplois.
« Grâce au FFA3, nous soutenons le développement en Afrique d’une dizaine de nouvelles PME françaises, qui apportent leur expertise à des projets contribuant à la croissance durable et résiliente du continent, à la protection de la planète et à la réduction des inégalités », a commenté Djalal Khimdjee, le directeur général délégué de Proparco, qui a investi 15 millions d’euros dans ce nouveau tour de table.
Proparco figure aux côtés des autres investisseurs historiques du FFA que sont Bpifrance, BNP Paribas, l’assureur Sanlam, ou encore le fonds de pension de la Banque centrale du Kenya. Pour cette nouvelle phase, AfricInvest Europe pourra aussi s’appuyer sur la puissance d'AfricInvest, pionnier du capital-investissement en Afrique depuis 1994. Présent dans 38 pays, le groupe compte aujourd’hui une centaine de collaborateurs répartis dans huit bureaux régionaux, dont le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Kenya et la Tunisie.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin