En Égypte, ENI investit dans l’énergie et affiche ses ambitions dans les terres rares
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

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Le groupe italien ENI a annoncé un plan d’investissement de 8 milliards USD en Égypte sur les cinq prochaines années, à l’issue d’une rencontre entre Guido Brusco, son directeur des opérations ressources naturelles, et le Premier ministre Mostafa Madbouly. Ces fonds seront consacrés au pétrole et surtout au gaz, qui fournit près de 70% de l’électricité du pays.
Ils visent à impulser une production nationale qui s’essouffle, malgré la contribution d’ENI qui assure à elle seule 40% de l’extraction. Selon la Joint Organisations Data Initiative (JODI), la production gazière de l’Égypte est tombée à 3,5 milliards de m³ en mai 2025, contre plus de 6 milliards de m³ par mois en 2021, obligeant le pays à importer du GNL et élargissant son déficit commercial.
Pour redresser la tendance, le gouvernement a signé pour 343 millions USD d'accords en septembre 2024, visant à forer dix nouveaux puits en Méditerranée et dans le delta du Nil. Mais les besoins dépassent largement ces efforts. Le plan d’ENI pourrait apporter un nouveau souffle au secteur, à condition que l’appui institutionnel se poursuive.
Guido Brusco a salué « le soutien du gouvernement aux entreprises opérant dans le secteur pétrolier, et son engagement à régler les créances des partenaires étrangers, condition essentielle à l’expansion des activités », dans un communiqué officiel publié le 25 septembre 2025.
Première capitalisation boursière italienne avec un chiffre d’affaires opérationnel de 88 milliards USD en 2024, ENI est présente depuis des décennies en Égypte, avec des positions fortes dans l’offshore et la liquéfaction.
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De nouvelles perspectives pour le secteur minier ?
Au-delà de l’énergie, Guido Brusco a évoqué l’intérêt croissant du groupe pour les terres rares, ressources stratégiques pour la transition énergétique mondiale. « La société commence à s’intéresser à d’autres domaines, tels que l’exploitation minière des terres rares, et envisage d’y investir prochainement » précise le communiqué.
L’Égypte n’est pas encore un producteur reconnu, mais son sous-sol recèle des gisements prometteurs : monazite et bastnäsite utilisées dans les aimants, catalyseurs et optiques, ou encore xénotime, indispensable aux fibres optiques, lasers et alliages de haute technologie sont quelques-unes des ressources.
Sans précision sur les montants envisagés, ENI explore donc un domaine qui présente de plus en plus d'intérêt . Le secteur minier égyptien a généré 446 millions USD de recettes en 2024/2025, et le gouvernement ambitionne d’en porter la contribution à 6 % du PIB à moyen terme, contre moins de 1 % aujourd’hui.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin
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