Vingt-trois ans après la disparition de sa compagnie nationale et après une tentative avortée de création, le Nigeria ouvre à nouveau la voie, cette fois, pour une transformation profonde du secteur de l’aviation, sur fond d’ambitions régionales. Le pays est désormais en quête d’investisseurs et entreprises intéressés par son vaste marché.Le Nigeria veut sortir des sentiers battus, pour se tailler un haut profil dans le domaine de l’aérien d’ici à 2030. Abuja lance un appel clair aux opérateurs d’aviation privés, aux agences de financement à l’exportation, aux investisseurs en capital-risque, aux fonds souverains, aux instituts techniques spécialisés et à tous les investisseurs privés intéressés à l’accompagner. « Nous voulons moderniser notre écosystème d’aviation, développer les infrastructures adéquates … Le Nigeria est prêt à nouer des partenariats », a déclaré Festus Keyamo, ministre de l’Aviation et du développement aérospatial.
Au nom du gouvernement, l’officiel nigérian a signé, ce jeudi à Brazzaville, avec la Banque africaine de développement (BAD), une lettre d’intention pour le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP) de l’institution financière panafricaine. « C’est le début d’un partenariat stratégique pour aider à positionner le Nigeria pour une nouvelle ère d’investissement, de connectivité et de croissance dans le secteur de l’aviation », a-t-il commenté. Lancé en février 2026 à Nairobi lors du Forum sur les compagnies aériennes, les capitaux et la connectivité, ce plan doté d’un fonds de 7 milliards de dollars vise à mobiliser les capitaux pour révolutionner le secteur de l’aviation en sur le continent, tant en termes d’infrastructures que d’équipement. Air Côte d’Ivoire, qui a déjà rejoint ce programme, s’est positionné pour le financement, le développement des compétences techniques et les initiatives de durabilité liées aux carburants.
32 aéroports à moderniser
Avec l’appui de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le Nigeria a lancé, en avril dernier, son plan directeur de l’aviation civile, une feuille de route qui trace les contours de la transformation du secteur. Selon le ministre, le pays appelle les investisseurs et acteurs du secteur à l’international non seulement pour la modernisation de ses cinq aéroports internationaux et 27 aéroports nationaux, le développement de la connectivité régionale en faveur du tourisme et du commerce, la formation de ses talents aux métiers de l’aviation et de l’aéronautique pour garantir l’existence d’une main d’œuvre locale qualifiée, mais aussi pour l’acquisition de nouveaux avions afin de régler la problématique des coûts de maintenance et d’inefficacité opérationnelle lié à la vétusté de la flotte existante.