OPINION - Selon la Banque mondiale, 620 millions de personnes s’ajouteront d’ici 2050 à la population en âge de travailler en Afrique subsaharienne. Mais la croissance est faible, l’emploi informel majoritaire et l’extrême pauvreté endémique. Pour relever ce grand défi du XXIème siècle, il faudra une union autour d’un plan structuré qui convaincra investisseurs publics et privés internationaux. Par Francis Journot, consultant et entrepreneur.Selon le rapport de la Banque mondiale publié en octobre 2025, « le rythme de la croissance reste trop faible pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté et pour créer des emplois en nombre suffisant et de qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’œuvre en plein essor. L’Afrique connaît en effet une transformation démographique d’une ampleur et d’une vitesse inégalées dans le monde. Pour tirer parti de cet atout, les pays doivent favoriser une accélération de la croissance créatrice de bons emplois ».
Besoin d'un changement structurel
L’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique Andrew Dabalen ajoutait « Dans les 25 prochaines années, la population en âge de travailler augmentera de plus de 600 millions de personnes. Or seuls 24% des nouveaux actifs accèdent aujourd’hui à un emploi salarié. Pour créer des emplois à grande échelle, il faut un changement structurel en faveur des entreprises moyennes et grandes ». La banque qui écrivait en 2018 « la région pourrait abriter 90 % de l'extrême pauvreté mondiale en 2050 » est donc pleinement consciente de la situation et on ne peut qu’adhérer à l’analyse.
Aussi convient-il de tirer enseignement de l’échec de la politique d’aide au développement (APD) désordonnée et en silo. Malgré un montant dépensé de 2 000 milliards en 60 ans en Afrique subsaharienne, le risque de chaos humanitaire menace plus que jamais. On peut souscrire à l’observation de la Banque Mondiale selon laquelle il faut un changement structurel pour créer des emplois à grande échelle. Mais il faudra pour cela mettre en œuvre un plan d’avenir pragmatique, capable de fédérer populations et Etats de la région. C’est le sens du programme des États-Unis d'Afrique Subsaharienne (EUAS) ou United States of Sub-Saharan Africa (USSA).
Le projet États-Unis d'Afrique Subsaharienne (EUAS)
La dimension systémique du projet favorise la construction d’une architecture financière dont la rigueur et la crédibilité génèreront l’afflux de capitaux publics et privés nécessaires à la réalisation du programme d’industrialisation de l’Afrique subsaharienne. La coopération avec des entreprises industrielles souvent internationales et détentrices de savoir-faire et technologies, permettra ainsi d’industrialiser la région en deux décennies.