En RDC, le corridor routier Sakania–Banana est déjà réalisé aux trois quarts et le rail devrait suivre

Le corridor routier Sakania–Banana, long de 3 300 kilomètres, permet de désenclaver le pays
DR

Le corridor routier Sakania–Banana, long de 3 300 kilomètres, permet de désenclaver le pays
DR
Ce corridor constitue la Route nationale n°1 (RN1), épine dorsale de la République démocratique du Congo. Elle relie Sakania, à la frontière zambienne, au port de Banana, sur la côte atlantique. L’objectif est de permettre la traversée complète du pays sans passer par des territoires étrangers, réduisant ainsi les coûts logistiques et favorisant la cohésion économique nationale.
Le segment encore en chantier, d’environ 846 kilomètres selon la fiche de projet de l’Agence congolaise des grands travaux, traverse quatre provinces : le Kasaï Oriental, la Lomami, le Haut-Lomami et le Lualaba. Les travaux portent sur la construction d’une chaussée asphaltée à deux voies, la réalisation d’ouvrages d’art, de dispositifs d’assainissement et de lutte antiérosive, ainsi que la mise en place d’une signalisation routière moderne. Ce tronçon est découpé en six grands chantiers successifs, de Mbuji-Mayi à Nguba, via Mwene Ditu, Kaniama, Lumba Mongo, Kabondo Dianda et Lubudi.
Son horizon d’achèvement est fixé à la fin de l’année 2027, conformément au calendrier du gouvernement. Après cela, la traversée de la RDC d’est en ouest pourra s’effectuer en seulement quatre jours.
Le coût total du projet avoisine 1,08 milliard de dollars, financé dans le cadre du programme sino-congolais. Les entreprises chinoises partenaires interviennent aux côtés de bureaux de contrôle congolais et internationaux, sous la supervision conjointe de l’ACGT et de l’Office des routes.
Le corridor routier Sakania–Banana représente un levier majeur de désenclavement du centre du pays, longtemps difficile d’accès en raison du mauvais état des routes. L’ACGT prévoit un impact direct sur la production agricole, grâce à un acheminement plus rapide vers les grands centres de consommation, ainsi qu’une réduction du temps de trajet et une stimulation du commerce interprovincial. Ce projet s’inscrit dans le Plan quinquennal des infrastructures 2024–2028 du gouvernement, qui vise à porter la proportion de routes asphaltées à 25 %, soit la moyenne africaine.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

En parallèle de la route, le gouvernement prépare la composante ferroviaire du corridor Katangais–Banana. Selon le ministre de l’Aménagement du territoire, Guy Loando Mboyo, les études de faisabilité sont en cours sous la supervision conjointe de la Délégation générale aux grands travaux d’intérêt national (DGCDI) et de l’ACGT.
Ce projet ferroviaire, d’environ 2 400 kilomètres, vise à relier les zones minières du Grand Katanga au port en eaux profondes de Banana. Son coût, estimé entre huit et dix milliards de dollars, reflète son ambition : transporter à terme plus de cinquante millions de tonnes de fret par an.
Ce corridor ferroviaire doit offrir une alternative nationale aux routes d’exportation passant par la Zambie ou l’Afrique du Sud, renforcer la souveraineté logistique de la RDC en maîtrisant sa chaîne d’approvisionnement, et dynamiser l’économie locale grâce à la création de zones économiques le long du tracé.
Le ministre Guy Loando qui a qualifié le projet de « chantier du siècle », souligne qu’il constitue « l’épine dorsale de l’aménagement du territoire et le trait d’union entre les provinces, tout en répondant structurellement aux défis d’intégration nationale. »
À terme, la combinaison du réseau routier et ferroviaire Sakania–Banana fera de cet axe un corridor logistique majeur pour l’Afrique centrale, reliant les bassins miniers du Katanga au littoral atlantique. Ce corridor, à la fois routier et ferroviaire, laisse espérer une République démocratique du Congo plus connectée, compétitive et souveraine, où les routes et les rails dessinent ensemble la carte du développement.