Afreximbank et Fitch Ratings, les raisons du divorce
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Le siège d'Afreximbank au Caire.
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C’est acté. La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a rompu, ce 23 janvier avec effet immédiat, sa relation avec Fitch Ratings pour la notation de son crédit, annonce l’institution financière panafricaine dans un bref communiqué. « Cette décision fait suite à un examen de cette relation et à la conviction d’Afreximbank que la notation de son crédit ne reflète plus une bonne compréhension de son accord constitutif, de sa mission et de son mandat », indique la Banque.
Une décision qui marque la fin de plus de six mois de tension entre les deux entités. Le 4 juin 2025, soit une semaine après la nomination du Camerounais Georges Elombi, Fitch Ratings crée la surprise. L’agence de notation dirigée par le Britannique Paul Taylor abaisse alors de BBB à BBB- avec des perspectives négatives, la note de crédit d’Afreximbank, invoquant l’augmentation perçue du risque lié à des prêts souverains et la faiblesse de des politiques de gestion des risques de la Banque, évaluant à 7,1% son ratio de prêts non performants (NPL), quand le seuil associé au niveau de risque élevé est de 6%. L’agence pointe surtout les prêts accordés au Ghana (2,4%), au Soudan du Sud (2,1%) et à la Zambie (0,2%), quand Afreximbank, dans ses rapports, présente un ratio de de prêts non performants de 2,4%.
Deux jours plus tard, l’Union africaine (UA) par le biais du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), dénonce une « classification erronée des expositions souveraines d’Afreximbank à ces trois pays ». Pointant « l’incohérance juridique » du raisonnement de Fitch, l’UA estiment qu’en raison du cadre légal dans lequel la Banque coopère avec les Etats emprunteurs qui sont ses actionnaires, qu’aucun défaut formel de paiement n’a été enregistré et qu’aucune des entités souveraines concernées n’a répudié ses obligations, les prêts qui leur sont accordés par la Banque ne peuvent être traités comme des prêts commerciaux standards. Estimant que Fitchs « interprète mal » la demande des trois pays à Afreximbank de revoir les modalités de remboursement de leurs prêts, la MAEP invitait Fitch à revoir ses critères et hypothèses. Mais six mois plus tard, aucun terrain d’entente n’a visiblement été trouvé, menant ainsi à la rupture.