Les indicateurs macroéconomiques du Bénin suivent une trajectoire ascendante depuis plusieurs années, avec une croissance de 7,5% en 2024 contre 6,4% en 2023.
Dans une Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) aux trajectoires contrastées, le Bénin s’impose depuis plusieurs années comme l’une des économies les plus dynamiques. Croissance soutenue, discipline budgétaire et réformes structurelles ont progressivement redéfini le profil financier du pays. Une dynamique que vient consacrer une nouvelle étape dans sa relation avec le FMI.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé cette semaine l’achèvement des dernières revues des programmes engagés avec le Bénin depuis 2022. Cette décision ouvre la voie au versement immédiat d’environ 118 millions USD (environ 100,1 millions d’euros).
Dans le détail, 36,3 millions USD (environ 30,8 millions d’euros) sont décaissés au titre des mécanismes classiques d’appui budgétaire, tandis que 81,6 millions USD (environ 69,3 millions d’euros) proviennent d’un dispositif consacré aux réformes liées au climat et à la résilience. Avec cette dernière tranche, le programme soutenu par le FMI arrive à son terme.
Au total, près de 870 millions USD (environ 738,7 millions d’euros) auront été mobilisés depuis 2022, dont environ 665 millions USD (environ 564,6 millions d’euros) dans le cadre du programme économique principal, et 204 millions USD (environ 173,2 millions d’euros) au titre du mécanisme de résilience et de durabilité.
Une performance budgétaire jugée satisfaisante
Le FMI procède par revues successives. L’institution évalue à plusieurs reprises l’évolution du déficit, la mobilisation des recettes, la gestion de la dette, ainsi que la mise en œuvre des réformes structurelles. La validation de la revue finale signifie que les critères fixés ont été globalement respectés.
En 2024, l’écart entre les dépenses de l’État béninois et ses recettes a été ramené à 3,1% du produit intérieur brut, proche du plafond communautaire de 3 % fixé au sein de l’UEMOA. Les autorités ont poursuivi leurs efforts de mobilisation des recettes fiscales, tout en maintenant certaines dépenses sociales prioritaires.
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La dette publique centrale a été réévaluée à 60,5% du PIB à fin 2024, à la suite d’une reclassification de certains emprunts. Le FMI considère que le risque de surendettement reste modéré, tout en appelant à maintenir une gestion prudente, notamment face aux engagements des entreprises publiques.
Transformer la croissance en développement inclusif
Cette nouvelle enveloppe arrive alors que les indicateurs macroéconomiques béninois suivent une trajectoire ascendante depuis plusieurs années. Selon l’Institut national de la statistique et de la démographie, la croissance s’est établie à 7,5% en 2024 contre 6,4% en 2023, soit le rythme le plus élevé enregistré depuis 1990.
La progression repose sur l’ensemble des secteurs. Le tertiaire, qui représente près de la moitié du PIB, demeure le principal contributeur. Le secteur secondaire bénéficie de la montée en puissance de l’agro-industrie et de l’activité dans la zone industrielle de Glo-Djigbé. Le secteur primaire a aussi enregistré une progression.
Les perspectives à court terme restent solides. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale prévoit une croissance de 7% en 2026, ce qui placerait le Bénin au premier rang de l’UEMOA. Sur la période 2025 - 2027, l’institution anticipe une moyenne supérieure à 7%. À titre de comparaison, la croissance économique devrait atteindre 5,8% en 2026 au sein de la zone, contre 6,1% prévu en 2025.
Pour Cotonou, le principal défi reste de rendre cette croissance plus inclusive, afin qu’elle se traduise davantage par une amélioration du niveau de vie des populations. L’État a lancé en février 2026 la « Vision Bénin 2060 Alafia », un document fixant un cadre de développement sur trois décennies, articulé autour de quatre piliers : paix, prospérité partagée, bonne gouvernance et rayonnement culturel international.
La stratégie met l’accent sur la transformation structurelle de l’économie, l’industrialisation, la mobilisation accrue de l’investissement privé et la consolidation de la gouvernance publique. Elle vise à inscrire les politiques publiques dans une trajectoire de croissance durable et inclusive.