La collecte nette de l’assurance-vie réalise un bond de 80 % en 2025 pour frôler les 51 milliards d’euros, selon les chiffres de France Assureurs. De quoi nourrir encore plus les débats politiques sur la fiscalité de l’épargne et les enjeux de souveraineté.L’assurance-vie se porte bien, avec une collecte nette (cotisations moins prestations) de près de 51 milliards d’euros en 2025, selon les derniers chiffres de France Assureurs. Soit une hausse de 80 % d’une année sur l’autre avec, cette fois-ci, pour la première fois depuis 2020, une collecte positive de 8 milliards sur le support en euros (à capital garanti).
Les assureurs vie, surtout les bancassureurs vie, ont déployé tous leurs efforts commerciaux depuis 2023, quitte à puiser dans leurs réserves, pour attirer une nouvelle collecte sur le fonds en euros pour profiter de la remontée des taux obligataires. Aujourd’hui, un portefeuille obligataire standard d’investissement de qualité peut offrir un rendement de 3,5 % à 4 % ; ce qui ne s’était plus vu depuis quinze ans.
Profonde transformation
La collecte nette est proche de ses records des années 2005-2010. Sans toutefois les atteindre. Mais ce qui compte le plus pour Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, c’est la profonde transformation qu’a connue l’assurance-vie en vingt ans. D’un produit d’épargne très majoritairement investi dans le support en euros, et donc en obligations souveraines et d’entreprise, l’assurance-vie s’est considérablement diversifiée avec l’explosion des unités de compte, investies majoritairement en actions, mais aussi en produits obligataires, immobiliers, structurés, de capital-investissement ou de dette privée.