BPCE et Generali mettent fin à leur projet de fusion dans la gestion d’actifs

Le DG de Generali, Philippe Donnet, doit faire face à une gouvernance plus hostile.
Reuters

Le DG de Generali, Philippe Donnet, doit faire face à une gouvernance plus hostile.
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C’était de plus en plus attendu. Dans un communiqué commun publié ce jeudi soir, le groupe bancaire BPCE et l’assureur italien Generali annoncent mettre fin, d’un commun accord, aux négociations en vue de créer une coentreprise de gestion d’actifs à 50-50 regroupant l’ensemble de leurs activités en gestion d’actifs.
Sur le papier, cela aurait permis de donner naissance à un nouveau géant de la gestion d’actifs, à côté d’un Amundi, filiale de Crédit agricole. « C’est un projet qui devait contribuer à renforcer la souveraineté européenne », avait notamment plaidé Nicolas Namias, président du directoire de BPCE.
Ce projet de fusion des activités était complexe à mettre en œuvre, compte tenu notamment des nombreuses « boutiques de gestion » concernées. Mais c’est bien la politique italienne qui aura eu finalement raison du projet. « Bien que les travaux menés ensemble au cours des derniers mois aient confirmé les bénéfices et la valeur industrielle du partenariat, Generali et BPCE ont conjointement pris la décision de mettre un terme à leur négociation, en cohérence avec les termes communiqués le 15 septembre, considérant que les conditions pour parvenir à finaliser un accord ne sont actuellement pas réunies », indique le communiqué.
De fait, le changement de contrôle et de gouvernance de la banque d’affaires milanaise Mediobanca, principal actionnaire de Generali, au profit d’adversaires acharnés du projet, en l’occurrence les familles Caltagirone et Del Vecchio, les nouveaux faiseurs de roi de la finance italienne, laissait ces derniers mois peu de doutes quant aux chances de succès de l’opération.
Le gouvernement italien a également mis son poids dans la balance, mécontent de voir le gestionnaire Generali devenir un peu moins italien et un peu plus européen. Tout le monde souhaite une consolidation bancaire en Europe, surtout sur des métiers spécialisés à fort contenu d’économies d’échelle, mais personne ne la met véritablement en œuvre.
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C’est un coup dur pour BPCE qui avait multiplié depuis deux ans les initiatives de croissance externe, dans le cadre de son plan stratégique résolument tourné vers la croissance. Il devra donc trouver une solution pour Natixis Investments Managers (NIM), une belle société de gestion, qui n’a plus vraiment la taille critique suffisante pour faire face au déferlement de la gestion passive américaine, ni pour se développer dans le private equity.
C’est aussi un coup dur pour Generali, dont l’activité en gestion d’actifs en surtout assurantielle, et qui doit affronter une concurrence de plus en plus dure. Enfin, c’est un coup dur pour le directeur Generali, le français Philippe Donnet, qui voit ses adversaires triompher.
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