Biens mal acquis au Liban : la banque HSBC mise en examen à Paris

La filiale suisse d'HSBC a dû verser 80 millions d'euros de cautionnement.
HR - REUTERS - Henry Romero

La filiale suisse d'HSBC a dû verser 80 millions d'euros de cautionnement.
HR - REUTERS - Henry Romero
La filiale suisse de la banque britannique HSBC a été mise en examen à Paris dans le cadre de l’enquête sur les biens mal acquis libanais, un dossier tentaculaire au croisement de la finance internationale et des soupçons de corruption d’État. Elle est soupçonnée d’avoir facilité des opérations ayant permis à l’ex-gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, de détourner des fonds publics, selon des informations confirmées par le parquet national financier (PNF).
Dans le détail, la banque est poursuivie pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre des délits tels que le détournement de fonds publics, les abus de confiance ou la corruption d’agent public. Une qualification pénale lourde qui traduit, selon le PNF, l’ampleur présumée du dispositif financier mis en cause, dans un dossier ouvert en juillet 2021 et instruit en parallèle d’enquêtes menées en Europe et au Liban.
La filiale suisse d’HSBC a dû verser 80 millions d’euros de cautionnement, une somme destinée notamment à garantir d’éventuels dommages et intérêts futurs. Interrogée sur cette mise en examen, la banque a répondu : « Nous ne sommes pas en mesure de commenter une affaire juridique. L’enquête est en cours et nous continuons à coopérer ».
Au cœur du dossier, la figure de Riad Salamé cristallise les accusations. Gouverneur de la Banque centrale du Liban de 1993 à juillet 2023, longtemps considéré comme un pilier du système financier libanais, il est désormais visé par un mandat d’arrêt international délivré en mai 2023 par une juge française. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir constitué un patrimoine immobilier et bancaire en Europe et aux États-Unis via un montage financier complexe, reposant sur des détournements massifs de fonds publics et la complicité de plusieurs intermédiaires.
Accusé par ses détracteurs d’avoir contribué à l’effondrement financier du Liban, l’ancien banquier d’affaires franco-libanais, âgé de 75 ans, a été placé en détention provisoire dans son pays pendant un an avant d’être libéré en septembre dernier, contre une caution record de plus de 14 millions de dollars. Il nie toute malversation. À Beyrouth, la justice a par ailleurs ordonné en janvier l’ouverture d’un procès à son encontre, le soupçonnant d’avoir détourné 44 millions de dollars.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Banques : pourquoi l'Europe reporte les règles de Bâle III sur les risques de marché
SpaceX prévoit de lever 75 milliards de dollars : comment les investisseurs tentent déjà de profiter d'une introduction en Bourse record
Eurazeo lève 5,5 milliards d'euros en dette privée
Freedom, une fintech sous sanction en Ukraine, accueillie à Choose France